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Le journaliste-chroniqueur Mohamed Guelbi n'est plus

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 Mohamed Guelbi n’est plus

 

Mohamed Guelbi, un des plus grands journalistes tunisiens, vient de s’éteindre à Tunis, en ce triste 31 janvier 2010 des suites d’une longue maladie.

Dans la mémoire collective du pays, Si Mohamed restera toujours associé à la fameuse Harboucha (pilule), chronique publiée dans les années 1970 dans le journal Echâab de l’UGTT.

Ses écrits lui ont valu l’emprisonnement ainsi que d’effroyables tortures à la suite du "Jeudi noir" du 26 janvier 1978. Les plus jeunes se souviendront également de sa "Lamha" publiée dans le quotidien Assabah. En quelques phrases rimées et bien tournée et avec un humour décapant, le journaliste mettait le doigt sur les problèmes de la société.

Taïeb Moalla

 

 

 

« Le Monde » : Mohamed Guelbi, l’"honneur" d’un journalisme en quête d’indépendance

De lui, certains n’hésitent pas à dire qu’il est "l’honneur du journalisme" en Tunisie. De taille moyenne, très mince, le visage mangé par des lunettes fumées et une petite barbe, Mohamed Guelbi passerait inaperçu s’il n’y avait son regard. L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années, est malicieux. Tout sourit en permanence chez lui, ses yeux autant que sa bouche. Son billet quotidien dans les colonnes d’Es-Sabah, l’un des rares journaux tunisiens d’expression arabe qui ne soient pas portés sur les scandales et les calomnies, a fait de lui un modèle en Tunisie.

Quand il cesse d’écrire, les ventes d’Es-Sabah chutent. Et ses confrères de se répandre aussitôt en rumeurs : "on" a muselé Mohamed Guelbi, "on" a décidé de le faire taire... Rien de tout cela n’est vrai, paraît-il, même s’il est probable que ses billets - écrits en arabe et en prose rimée, truffés de jeux de mots - valent de temps à autre à la direction de son journal de sérieuses remontrances de la part des "orthodoxes" du pouvoir, ceux qui restent opposés à l’avènement d’une presse tunisienne libre et de qualité.

 

"GRIGNOTER UN ESPACE CHAQUE JOUR"

" C’est la lecture des écrits de Robert Escarpit autrefois. J’ai appris de lui à travailler la chute, le dernier mot. Que ce soit toujours une surprise. J’écris à l’envers, d’ailleurs ! Je choisis le sujet, il faut qu’il se prête à un peu d’humour. Et puis, je cherche la chute. Et enfin, j’écris le billet !", raconte-t-il. Ni dénonciateur ni donneur de leçons, ce journaliste farouchement indépendant se contente d’évoquer des petits faits de la vie quotidienne en Tunisie, sur le mode de l’interpellation et de l’humour.

Le 8 mars, Journée internationale des femmes, il s’est adressé directement aux Tunisiennes, pour souhaiter à chacune d’entre elles de trouver "un homme, un vrai !", sous-entendu "aussi courageux" qu’elles. Fin mars, Mohamed Guelbi s’est étonné de la décision de la municipalité de Tunis de pourchasser les petits marchands ambulants - officiellement pour lutter contre le commerce parallèle - tout en épargnant les gros bonnets qui inondent le pays de leur contrebande en toute impunité.

A ceux qui le félicitent, le journaliste d’Es-Sabah répond qu’il n’a pas plus de courage que les autres, mais qu’il dispose d’un atout : la capacité d’écrire au second degré. "Au premier degré, mes écrits pourraient tomber sous le coup de la loi, pas au second. Il n’empêche que mes messages sont très clairs, parfois même très osés, mais ils passent !" Il dit avoir à de nombreuses reprises "atteint, et même dépassé, la ligne rouge" qui entrave la presse en Tunisie, mais, précise-t-il, "on ne m’a pas sanctionné."

Entre le tout ou rien - déserter le journalisme ou collaborer - Mohamed Guelbi est l’un des rares à avoir trouvé un moyen terme : chaque jour il apporte une pierre à la construction de l’édifice liberté en Tunisie. "Est-ce que j’ai peur ? Parfois, oui, un peu, mais j’ai aussi un immense plaisir : celui de grignoter quotidiennement un espace, et puis de lutter pour le conserver. Ces acquis, j’y tiens et je les garde précieusement. Ce sont des butins que j’emporte avec moi pour repartir chaque fois un peu plus loin..." 

Florence Beaugé

Le Monde du 05 avril 2001

 

 

 

« Nawaat » : L’Agence TAP : le grand paradoxe

 

En discutant avec un ami, journaliste à l’Agence TAP, je l’ai trouvé vexé, outragé, voire même indigné par l’article que j’ai publié dans l’édition de TunisNews du 25 septembre 2005 sous le titre : « la TAP : pépinière de chiendent ». 

Non pas qu’il conteste le contenu de cet article, qu’il trouve tout à fait exact et véridique, et même en deçà de la réalité. Mais il estime que le choix du titre était malheureux parce qu’il laisse entendre que tous les journalistes de la TAP sont à mettre dans le même panier, occultant ainsi un pan entier, et des plus lumineux, de l’histoire de cette institution, qui fut près de 15 années durant (du milieu des années 70 jusqu’au début des années 90) le principal foyer de résistance et de contestation dans le secteur de la presse et de l’information. 

Je lui ai expliqué que mon papier n’était qu’une simple réaction à un témoignage publié la veille sur le même support (TunisNews), qu’il ne portait que sur un volet bien précis et qu’il n’avait nullement la prétention de traiter de tous les aspects de la question. Et je lui ai promis, dans le jargon d’un agencier, de publier le « rectificatif » qui s’impose. 

A la manière d’une dépêche TAP, voici donc, à l’adresse de tous mes consoeurs et confrères de l’agence, qui se sont sentis visés ou offensés, un nouveau papier qui « reprend et complète » notre « envoi précédent » sans « annuler » ni « remplacer » ce qui a déjà été écrit. 

La pépinière TAP, la vraie, n’a pas produit que du chiendent. Plusieurs personnalités de la société civile qui comptent aujourd’hui sur la scène nationale, dans le domaine de la défense des droits de l’homme et de la liberté d’expression, ont commencé leur carrière à l’Agence TAP. C’est le cas notamment de la célèbre avocate Radhia Nasraoui. Mais je peux citer encore beaucoup d’autres cas dans des secteurs aussi divers que la diplomatie, les arts, l’enseignement, etc. 

Pour ce qui est des journalistes, beaucoup de gens ignorent certainement, surtout parmi les jeunes et à l’étranger, que le célèbre billettiste Mohamed Guelbi dont la savoureuse « Lamha », publiée par le journal « Essabah », et reprise quasi quotidiennement sur plusieurs Sites Internet, inaccessibles à partir de Tunis, est un retraité de l’Agence TAP.

C’est lui qui, au milieu des années 70 à ouvert l’appétit des tunisiens à la contestation, en publiant, chaque semaine dans le journal « echa’ab » sa tonifiante pilule « harboucha ». Il a contribué, indirectement, au soulèvement du 26 janvier 1978 et en a payé le prix. 

C’est à partir de cette date que les journalistes de l’Agence TAP sont devenus, peu à peu, le fer de lance de la profession en formant, dès 1977, le noyau dur de l’AJT qui allait constituer l’ossature de tous les comités directeurs qui se sont succédé à la tête de cette association, jusqu’en 1990. Certains professionnels du secteur parlaient alors d’hégémonie exercée par les journalistes de la TAP sur l’AJT. 

En mars de cette année, la tornade « Ben Salah » (certains parlent de cyclone ou d’ouragan) a dévasté l’Association et sa périphérie. Beaucoup de ses confrères de l’Agence qui ont voté pour lui, le portant démocratiquement au poste de président, s’en mordent aujourd’hui les doigts.

 

Grand manipulateur et habile manœuvrier, Ben Salah et la clique qu’il allait constituer à partir du congrès de 1992, ont su exploiter, astucieusement, les divergences et les désaccords qui traversaient la profession et le secteur, après le fameux « changement », pour faire main basse sur l’association et la servir sur un plateau d’argent au parti au pouvoir. 

Face à une telle force de la nature, les vétérans de l’Association n’ont pu opposer aucune résistance. Tels les habitants de la Nouvelle Orléans, lors du passage de Katrina, ils n’avaient d’autres solutions que d’évacuer.

En quittant l’AJT, (beaucoup leur reprochent aujourd’hui encore cette désertion), ces « vétérans » ont laissé le champ libre à une étrange coalition de mercenaires, d’opportunistes et d’incrédules qui continue, jusqu’à aujourd’hui, à présider aux destinées de l’AJT, devenue, au fil des ans, tantôt une agence immobilière, tantôt une agence de voyage et qui fait aujourd’hui office d’amicale où l’on s’échange et se partage, complaisamment et coquinement, les faveurs et les privilèges. 

L’AJT sera, parait-il, dotée bientôt d’un nouveau siège qui « sied à sa position ». Elle qui, pendant de longues années, est restée une véritable ADF (Association Sans Domicile Fixe), qui changeait de local, quasiment après chaque congrès et qui, faute de subvention, avait toute la peine du monde à payer ses frais de loyer et le salaire de sa secrétaire. 

Au milieu des années 80, lors de la grande répression du mouvement syndical qui a précédé l’adoption, sous le diktat du FMI, du Programme d’Ajustement Structurel (PAS), les journalistes de l’Agence TAP étaient, également, au premier rang des défenseurs des libertés syndicales dans le secteur de la presse. 

Faouzi El Adhari, alors secrétaire général du syndicat de base de la TAP en paya les frais. Il fut licencié pour avoir refusé de cautionner la création d’un syndicat fantoche, les fameux « Chourafas ». Le cas de Faouzi El Adhari a été réglé depuis. Il a réintégré l’Agence au milieu des années 90. 

Presque au même moment, et plus précisément en mars 1995, un autre journaliste de la TAP, Kamel Labidi, militant des droits de l’homme et farouche défenseur de la liberté de la presse, sera, à son tour, licencié pour avoir publié dans le journal « La Croix » dont il était le correspondant à Tunis, une interview du Pr. Moncef Marzouki, bête noire du régime qui s’était alors porté, symboliquement, candidat à l’élection présidentielle de 1994. 

Kamel Labidi a été contraint à l’exil, contrairement à ce que pensent encore quelques uns. Il est aujourd’hui journaliste freelance, basé au Caire, et occupe les fonctions d’expert et de consultant auprès de plusieurs organisations et associations de défense de la liberté de la presse dans le monde, dont le CPJ et l’IFEX. 

Rappelons, pour terminer, que ce sont encore des journalistes de la TAP qui allaient défrayer la chronique, en 1989, en signant la fameuse pétition dénonçant la nomination de Mohamed Hedi Triki au poste de DGA de l’Agence. Une affaire qui avait tenu en haleine l’opinion publique tout entière. C’était dans l’euphorie du « changement » et les journalistes de la TAP, comme tous les autres citoyens tunisiens, avaient pris pour argent comptant la déclaration du 7 novembre.

Patriote 2005

http://twitter.nawaat.org/portail/2005/09/30/l%E2%80%99agence-tap-le-grand-paradoxe/

 

  

 

« omarkhayyam.blogs » : Un journaliste quitte le desk

Mohamed Guelbi n’est plus

Mohamed Guelbi, un des plus grands journalistes tunisiens, vient de s’éteindre à Tunis, en ce triste 31 janvier 2010 des suites d’une longue maladie. 

 Dans la mémoire collective du pays, Si Mohamed restera toujours associé à la fameuse Harboucha (pilule), chronique publiée dans les années 1970 dans le journal Echâab de l’UGTT. 

 Ses écrit lui ont valu l’emprisonnement ainsi que d’effroyables tortures à la suite du Jeudi noir du 26 janvier 1978. Les plus jeunes se souviendront également de sa Lamha (1) publiée dans le quotidien Assabah. En quelques phrases rimées et bien tournée et avec un humour décapant, le journaliste mettait le doigt sur les problèmes de la société.

 T. M.

1)            Lamha = clin d’œil

http://omarkhayyam.blogsome.com/2010/01/31/un-journaliste-quitte-le-desk/

 

  

 

« Gnet » : Tunisie, l’irremplaçable Mohamed Guelbi n’est plus

Publié le Lundi 01 Février 2010 à 11:22

Le défunt Mohamed Guelbi.S’il est vrai que nul n’est indispensable, il y a des personnes qui sont irremplaçables, Mohamed Guelbi en fait partie. Ce monument de la presse écrite qui s’est éteint hier à l’âge de 68 ans, était un journaliste, billettiste hors pair. Avec son style unique dans sa subtilité et original dans sa satire, il attirait l’attention sur les travers et les maux de la société. Incisif mais pas blessant, il relatait les choses avec franchise tout en faisant de sorte à ne pas heurter les sensibilités, et à ne pas faire du mal. Il savait briser les tabous sans tomber sous le couperet de la censure. Quant à l’autocensure, la chose la mieux partagée dans le métier, il savait la contourner avec habileté. 

Discret et aimable, il a officié au journal "al-Châab", à l’agence TAP et puis au journal "Assabah". Sa "lamha", billet, au journal "Assabah", qu'il a quitté il y a à peine une année pour cause de maladie, ne laissait personne indifférent. Au-delà du sourire voire du rire qu’il provoquait forcément, son petit billet réveillait les consciences et interpellait les esprits.

Mohamed Guelbi regardait les choses avec philosophie, une discipline qu’il a étudiée en France. Méditatif, le défunt l’était toujours. Ses cogitations aboutissaient à des merveilles de l’écriture journalistique que seule sa plume pouvait enfanter. 

Si ses collèges de la Rédaction lui demandaient un conseil, un avis, c’est avec grâce et humilité qui les leur prodiguait. L’humilité n’est pas donnée à tous, c’est la qualité des grands. Et lui était un Grand. Que Dieu l’accueille dans son infinie miséricorde.

http://www.gnet.tn/revue-de-presse-nationale/tunisie-lirremplacable-mohamed-guelbi-nest-plus/id-menu-958.html

 

 

 

« Businessnews » : Tunisie - Le journaliste Mohamed Guelbi n’est plus 

La famille journalistique est en deuil suite au décès, aux premières du dimanche 31 janvier 2010d’une grande figure de la presse écrite, l’inégalable Mohamed Guelbi.

Mohamed Guelbi s’est éteint après une longue maladie. En effet, après une lutte contre le cancer dont il est atteint depuis plusieurs années et malgré une intervention chirurgicale en 2002, Mohamed Guelbi a rendu l’âme laissant derrière lui une riche carrière et œuvre journalistique dont le plus clair était passé au prestigieux journal d’Assabah. 

Journaliste d’agence avec une longue carrière à la TAP, Mohamed Guelbi s’est rendu célèbre par ses écrits satiriques et critiques, basées sur la rime, dans ses « clins d’œil » de « Lam’ha » et « Harboucha ». En quelques lignes, seulement, Mohamed Guelbi avait le don et la force de traiter de tout une problématique.

Trop méticuleux, feu Mohamed Guelbi veillait, en personne à la correction de ses articles car il tenait à ce qu’il n’y ait aucune coquille, chaque terme, chaque point et chaque virgule ayant son poids et son importance.

Né en 1940, Mohamed Guelbi s’en va, laissant derrière lui un répertoire unique en son genre et dont on aimerait voir, un jour, réuni en un recueil

Noureddine HLAOUI

http://www.businessnews.com.tn/BN/BN-lirearticle.asp?id=1088929

 

 

 

« Le Temps » : Le "billettiste" génial 

Mohamed Guelbi, grand journaliste, l'un des plus grands billettistes qu'ait connu la presse tunisienne, nous quitte, dans un style bien à lui :au détour d'une phrase, entre les lignes... ce qui a fait sa force. 

A l'époque, c'était " Harboucha " (la pilule), un petit billet en première page d'Assabah : Une harboucha que les responsables de l'époque digéraient mal. Puis, pour de longues années, c'est la géniale " Lamha " quelques lignes là aussi mais toutes en allusions et en jeux de mots, gymnastique dans laquelle il reste inégalable. 

Depuis quelques années, déjà, terrassé par la maladie, il était sorti des circuits. Mais il avait déjà fait école, dans l'art le plus difficile en matière de presse : le billet. C'est-à-dire, cinq lignes qui finissent par vous coller à la peau. 

C'est cela le génie. 

R.K

http://www.letemps.com.tn/article.php?ID_art=38574

 

Mis à jour ( Mardi, 09 Février 2010 12:49 )  

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