You are here: Home Tunisien(ne)s à l'étranger Vie associative 2016 : Chronique des associations de tunisien(ne)s en France (3)

2016 : Chronique des associations de tunisien(ne)s en France (3)

Envoyer Imprimer PDF

2016 : Chronique des associations de tunisien(ne)s en France (3)

Dynamiques Associatives

Entre 1996 à 2016, soit en 20 ans, il y a eu plus de 440 associations de tunisien(ne)s - dont prés 1/3 à Paris et en région IdF - qui se sont constituées en France soit en moyenne une vingtaine par an. Et, révolution oblige, leur évolution va connaître un véritable boom à partir de 2011[1] avec 80% de nouvelles association (84 associations en 2011, 72 associations en 2012 et 70 en 2013). Mais ce boom ne sera pas de longue durée et à partir de 2014 on voit se dessiner un certain reflux : 52 associations en 2014, 33 associations en 2015 et seulement 29 en 2016 ce qui nous ramène à la situation d’avant la révolution. D’ailleurs une des caractéristiques de ces associations créées après 2011 c’est l’intérêt porté d’une part aux questions liées à la citoyenneté et/ou en soutien à des mouvements politiques  (10% environ) et de l’autre à la solidarité concrète et l’action caritative avec les populations et les régions défavorisées en Tunisie (150 associations environ soit 33%)[2]. De même il y a eu environ 120 associations « socioculturelles » (soit 28% du total) créées - dont 88 après 2011 - et parmi lesquelles une vingtaine en Ile-de-France et une centaine (soit plus de 80%) dans les autres régions.

Des expériences de regroupements associatifs se constituent également : Les uns avec une dimension nationale voire même européenne comme la CAITE (Coordination des Assises de l'Immigration et des tunisiens à l’étranger) [3] en 2013 qui regroupe diverses associations en Europe  ou le FATE (Front associatif des Tunisiens à l’étranger)[4] crée également en 2013 ; la Fédération des associations franco-tunisiennes (FAFT)[5] créée en février 2016 ; d’autres mettent davantage l’accent sur le local ou le régional comme le Collectif des tunisiens crée en janvier 2016 qui entend regrouper les associations en Rhône-Alpes ; le Collectif des Associations Tunisiennes de l'Ouest de la France (CATOF) à Rennes, le Collectif des Associations Tunisiennes[6] à Grenoble … Certains de ces regroupements régionaux ont été crées dans la dynamique des débats autour du projet de loi relatif au Conseil des Tunisiens à l’étranger.

A signaler tout de même l’importance du travail en réseaux lequel semble être entré dans la pratique et dans les mœurs associatives et donc s’installer dans la durée. Ces dynamiques sont évidemment le fruit d’une longue histoire des associations autonomes et démocratiques des tunisien(ne)s en France et sont un acquis qu’il faut sauvegarder et même renforcer. Se sont ces dynamiques que l’on a vu à l’œuvre en solidarité avec la révolution dès 2010 – 2011, durant tout le processus de transition pour la démocratie et que l’on retrouve également en 2016 tant dans les mobilisations pour dénoncer le terrorisme en France et en Europe que concernant la situation en Tunisie. La dimension autonomie et le refus de toutes instrumentalisations (dans les rapports avec l’Etat et du pouvoir en place) tant revendiquée par ces réseaux associatifs et réaffirmée collectivement lors des premières assises de l’immigration en mai 2011[7] a toujours été une ligne de démarcation et qui distinguait les associations militantes de celles qui faisaient office de simples courroies de transmission et relais des pouvoirs en place. Et cela change nécessairement la façon d’agir et d’intervenir sur les questions tunisiennes. Cette exigence et ce combat pour l’autonomie (de la société civile) est maintenant un fait et un acquis en Tunisie. Mais la vigilance doit être de mise car les réflexes et les anciennes habitudes non seulement perdurent mais trouvent un terrain favorable. On sait que nombre d’associations liées à l’ex-RTF (rassemblement des Tunisiens en France qui était l’officine du RCD) ont, après avoir fait profil bas après la révolution, été réactivées. D’autant qu’il faut bien comprendre que les associations constituées par des tunisien(ne)s en France ne sont pas des associations « tunisiennes » mais bien des associations françaises régies par la Loi 1901 et cette spécificité n’est pas toujours simple à articuler ou même à admettre.

CNTE (Conseil national des Tunisiens à l’étranger). Outre la constitution d’une vingtaine d’associations l’année 2016 va également connaître une agitation importante en rapport avec le projet de loi concernant le CNTE (Conseil national des Tunisiens à l’étranger). Dès le mois de février et alors que le projet était à l’étude en commission de l’ARP, la CAITE (Coordination des associations de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger) a fait part de ses propositions et les a communiqué. De son côté l’ATF (Association des Tunisien en France) en a fait de même en consacrant un Conseil national à ce sujet. Pour mémoire, déjà en 2014[8] et 2015, les associations avaient critiqué le projet proposé par le ministère non seulement dans son contenu mais également par son manque de concertation. Les principaux points de litiges concernent sont : la présence au sein de l’instance des 18 députés de l’ARP, la faible place réservée aux associations de France, la question du mode de désignation et des prérogatives du président de l’instance et de ceux du directeur administratif, l’autonomie financière ... La grande critique sous jacente est évidemment la crainte des associations démocratiques de voir se reproduire les mêmes méthodes de l’ancien régime et la tentation évidente à l’instrumentalisation partisane de ce conseil. Le 4 juin 2016 la plupart des associations de l’immigration participent à la « journée portes ouvertes » concernant le projet de loi portant création du conseil national des Tunisiens à l'étranger, qui s’est déroulée au siège de l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et au cours de laquelle elles ont présenté leurs points de vue. A cette occasion la CAITE avait préalablement organisée une conférence de presse, le 2 juin à Tunis, avec les principales associations de la société civile en Tunisie (UGTT, LTDH, FTDES, REMDH, ATFD) pour y exposée sa vision du Conseil. Mais le texte final proposé par le gouvernement reste en deçà des propositions des associations lesquelles demandent aux députés de l’ARP, en juillet 2016, de le rejeter (le 15 juillet déclaration de la CAITE), le 18 juillet lettre ouverte de l’ATF au président de la commission de l’ARP). Pourtant le projet sera voté et adopté par l’ARP le 17 juillet 2016. La CAITE en prend acte dans une déclaration (octobre 2016) tout en appelant à agir pour la modification de cette loi par la mobilisation. Ainsi est clos la première phase de la mise en place d’un conseil des tunisiens à l’étranger.

En 2016 à signaler l’AG du CRLDHT[9] qui a correspondu avec le 20ème anniversaire du comité, de même que l’organisation à Tunis de la 3ème université d’été de la CAITE, l’AG de la FTCR au Mans…

(à suivre)

Mohsen Dridi

 



[1] Voir à ce sujet le texte « Les associations de Tunisien-nes à l'étranger : D'où vient-on ? Où va-t-on » (M. Dridi) (ici)

[2] Ces 150 associations caritatives se retrouvent pour la grande majorité d’entres-elles en IdF (avec plus d’une soixantaine d’associations dont environ 25 à Paris), en PACA (25 associations) et en Rhône-Alpes (19 associations). Il semble évident que ces associations caritatives sont le plus souvent le fait de personnes et de communautés issues de villages, villes et régions défavorisées en Tunisie un peu à l’image des regroupements communautaires qui existaient dans les années 60 et 70.

 

[3] La CAITE (Coordination des associations de l’immigration et des tunisiens à l’étranger) est née après les « Assises de l’immigration » qui ont eu lieu le 7 mai 2011 à l'université de Saint-Denis (France) qui a vu la participation de prés de 250 personnes et d’une soixantaine d’associations, de comités et collectifs de Tunisien-nes, venant de Belgique, d’Italie, du Canada, de Suède, de Suisse, de Tunisie et de France. Un comité de suivi fut mis en place et des réunions organisées à Tunis pour remettre aux autorités et à la société civile le « Cahier de doléances » établi lors des assises. C’est au cours d’une réunion de bilan le 21 janvier 2012 à Aubervilliers que sera mis en place une Coordination provisoire des associations de l'immigration qui deviendra en juin 2013 Coordination des Assises de l’Immigration Tunisienne (CAIT) puis par la suite CAITE (coordination des associations de l’immigration tunisienne et des tunisiens à l’étranger). En 2015 une Charte de la CAITE sera adoptée lors d’une AG.

[4] Le FATE est composé de : FETCA (Belgique), CVDT (Belgique), Collectif Tunisiens au Canada (Canada), Associazione Pontes dei tunisini in Italia (Italie), Collectif Mohamed Bouazizi (France), Jasmin Tunisie Liberté & Démocratie (France), Uni*T (France)

[5] La FAFT a été constituée en février 2016 à Paris. Elle est présidée par le Dr. M'hamed Ghannem  député à l’ARP. Elle regroupe les associations suivantes (dont certaines étaient proches de l’ex-Rassemblement des Tunisiens en France (RTF),: L’ADTL (association des tunisiens du Loiret), le CAFT (Club Avenir Franco-Tunisien), l’ATCF (Association Des Commerçants Tunisiens De France), l’OTSG (Observatoire Tunisien de la Sécurité Globale), PM (Association Des Peintres de Montmartre), CDR (club Des Retraités De la Maison du Tunisien), l’ADTF (Association Démocratique Des Tunisiens en France), l’ESCOT (Espace Des Compétences Tunisiennes), l’ANATE (Association Nouvelle Action Des Tunisiens à l’Étranger), l’ACTUN (Association Coopération Tunisie), RVM (Regard Vers La Méditerranée), HW (Association Hard Workers), E.N.14.JANVIER (Association Ere Nouvelle 14 Janvier 2011), 5.D Franco-Maghrébins, Pour Les-Droits, Devoirs, Démocratie, Développement, Dignité).

[6] Le Collectif des Associations Tunisiennes qui regroupe les associations : ATI-CDR (association des tunisiens de l’Isère – Citoyens des deux rives), - ATS (Association des tunisiens de Saint Martin d’Hères), - FNAR (Association Faisons notre avenir), - STF (Solidarité des tunisiens en France), - SENS, - La Maison du tunisien – Grenoble

[7] Les assises ont eu lieu le  7 mai 2011 à l’Université de Paris VIII à Saint-Denis. Y ont participé prés de 250 personnes et une soixantaine d’associations, de comités et collectifs de Tunisien(ne)s, venant de Belgique, d’Italie, du Canada, de Suède, de Suisse, de Tunisie et de France : ADTF, APTC (Ajaccio), AIDDA (Paris), ATNF-Lille (Ftcr), ATI (Milan), ATS (Suisse), A.M.Bouazizi (Lyon), APTC (Ajaccio), ARLDT, ASSAFEK, ASP (Paris), AFM-Lyon, ACDR-Ftcr (Paris), CRLDHT, CTAM (Nice), Forum Maghrebin (Belgique), CSPT (Belgique), CETAM, C2R (Ftcr), CDR, CICFM-Ftcr (Chalon s/s), CAP-Méditéranée, Collectif des Femmes Tunisiennes en France, CSCLST (Montréal), Collectif Tunisien, CORALDT (Lyon), EL-GHORBA (Lyon), ELAMAL Tunisie, Familia Tounsia, FLPT, Front du 14 janvier (Bruxelles), GVT (Italie), Groupe Franz fanon, Groupe Démocratie, IRADA (Belgique), IESERT, UTAC-Ftcr Paris, El-KARAMA, Génération Pouvoir, La plume et la parole, MDET (Belgique), OLT, Parti PADD, UCDR (Nîmes-Ftcr), RISOM (Ftcr), Solidarité Jasmin Marseille, TNS (Italie), Tunisie-Contact, Tunisie-Verte, UTE, UTS (Le Mans), UNI’T, UTIT (Aubervilliers), Association Zitouna, Zembra (Ftcr), … des délégations importantes venant de la société civile de Tunisie (UGTT, ATFD, LTDH …) et avec le soutien de : CGT, GISTI, LDH, MRAP, RESF, Solidarité Laïque, ATTAC-France, CEDETIM, CFDT 92, ATMF, AMF, UDB, FASTI, RUPTURES, CCFD, Plate forme Euro-méditerranéenne, IDD, CORELSO- Na-oura de Belgique, Les Alternatives, la Fase, PCF, le Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts …

 

[8] En juin 2014 la CAITE (Coordination des associations de l’immigration et des Tunisiens à l’étranger) proposera un projet de décret portant création du conseil des tunisiens a l’étranger (C.T.E).

 

[9] Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme a été fondé à Paris en 1996 par un groupe de militantes et de militants, tunisiens et non tunisiens dans le but d’élargir le domaine de la lutte pour le respect des libertés et des droits de l’homme et de gagner l’approbation et la solidarité européenne et internationale en faveur du combat contre le despotisme en Tunisie

 

2016 : CHRONIQUE DES ASSOCIATIONS DE TUNISIEN(NE)S EN FRANCE (3)2016 : CHRONIQUE DES ASSOCIATIONS DE TUNISIEN(NE)S EN FRANCE (3)2016 : CHRONIQUE DES ASSOCIATIONS DE TUNISIEN(NE)S EN FRANCE (3)

 

actuellement en ligne

Nous avons 145 invités en ligne

Nos permanences

Juridique & discrimination
Mardi et jeudi
9h30 – 12h30 &
14h00 – 16h00


Permanence santé
Mardi et mercredi
9h30 – 12h30 &
14h00 – 16h00

23, rue du Maroc – 75019 Paris (métro : Stalingrad)
Tél : 01 40 34 18 15
Nous contacter, nous écrire
Page-Facebook

21 juin "Luth pour l'égalité"

Formation - Dublin 3 (vidéo)

L’image contient peut-être : 12 personnes

DUBLIN-III (1ère partie) (26 avril)

DUBLIN-III (2ème partie)

LES-DUBLINÉS-VERS-L-ITALIE (19 mai)

Cours de français

IMAGECOM (VIDÉO) COURS DE FRANÇAIS POUR RÉFUGIES

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes assises et intérieur

FTCR à la radio

IDD-Tunisie (3 juin 2016)

IMAGICOM (VIDÉO) une vidéo concernant le forum citoyen à Mahres et la création du réseau IDD organisé par FTCR et des associations membres

Afficher l'image d'origine

La Lettre de la FTCR.

Cartographie citoyenne

IVIM - Passeport 2016

Forum vieux migrants 2015

Statistics

Affiche le nombre de clics des articles : 1457822