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Solidarité avec les exilé.e.s : Soutien contre l’expulsion du lycée occupé Jean Jaurès : grand rassemblement lundi 2 mai

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Afficher l'image d'origine Soutien contre l’expulsion du lycée occupé Jean Jaurès

 

Suite à l’ordonnance du tribunal qui prononce l’expulsion des 300 migrant.e.s occupant le lycée à partir de lundi soir, le Collectif La Chapelle Debout ! appelle à un grand rassemblement lundi 2 mai à 19h précises devant le lycée Jean Jaurès 18 avenue Simon Bolivar dans le 19ème arrondissement - Paris

 

Depuis l’évacuation du camp de migrants sous le métro aérien de La Chapelle, le 2 juin 2015, de nombreux campements se sont succédés au quatre coins de Paris (porte de St-Ouen, la Chapelle Stalingrad, Halle Pajol, Jardin d’éole, mairie du 18e, République...).

Au total il y en a eu 30. Tous furent évacués. Parfois dans la violence. Lors de ces opérations dirigées par les préfectures de police et de Région, des places en Centres d’Hébergement d’Urgence ou en hôtels dits" sociaux" furent souvent proposés.

 

Jamais les exilés à la rue ne furent informés de l’endroit où on les emmenait.

Jamais ils n’eurent des informations fiables quant à la durée de ces hébergements, aux conditions qui les y attendaient (suivi juridique, sanitaire et médical, garantie d’avoir 3 repas quotidiens, titres de transport, machine à laver ou cours de français).

 

Tout au long de leurs démarches, il n’est pas rare que nous soyons sollicités pour traduire des récits de vie, des documents administratifs ou hospitaliers puisque souvent, rien n’est mis en place pour que les exilés comprennent les procédures et soient acteurs d’un parcours administratif et juridique souvent aussi long qu’opaque.

 

A cela s’ajoute que plusieurs centres dits " de répit" se sont avérés être des lieux de rafle (Bouches du Rhone, Ile-et-Vilaine).

 

De plus, aucune évacuation de campement ne s’est effectuée sans que 30 à 100 exilés ne soient laissés sur le carreau, contraints de s’abriter sous un porche d’immeuble, un parking ou un square, avant de reformer un nouveau campement de rue quand les forces de l’ ordre finissent par le tolérer.

 

Lorsque des voisins, des militants, des citoyens ne sont pas à leurs côtés la nuit, il est arrivé à plusieurs reprises que les migrants soient gazés ou qu’ils subissent des violences policières (terrain de basket, métro Stalingrad, Gare de l’Est, Canal Saint-Martin, La Chapelle, Pajol...)largement documentées.

 

Après les démantèlements de campements de rue, des grillages et des barrières sont installés par les pouvoirs publics afin d’empêcher la formation d’un autre campement et d’invisibiliser, donc de fragiliser encore davantage, les migrants.

 

Les conditions de vie à la rue génèrent nombre maladies : pneumonies, tuberculoses, troubles dermatologiques, renforcés par la difficulté à accéder à l’hygiène, les toilettes et les points d’eau aux abords des camps étant souvent fermés.

Les spécialistes des centres Primo Lévy et Minkowska attestent du fait que "l’accueil à la française" aggrave les traumatismes psychologiques subis lors du voyage.

 

Près d’une année plus tard, malgré la volonté sans cesse réitérée des exilés de dialoguer avec les autorités nous n’ avons eu que très peu de contact. De très rares réunions à l’Hôtel de Ville, à la Préfecture de Région et aux Mairies du 9e et du 10e, se sont tenues.Elles ont toujours fait suite aux mobilisations des migrants (occupations, manifestations pétitions...). A ce jour, la situation n’a pas évolué d’un iota.

 

Pour être engagés dans un suivi individuel et collectif des personnes force est de constater que la majorité d’entre elles est déboutée dans ses demandes auprès de l’OFPRA, puis en appel à la Cour National du Droit d’Asile. Ceci explique que de fait, les migrants d’aujourd’hui sont les sans papiers de demain.

En effet, avec un taux de rejet de 76 % des demandes d’asile en 2015 en auditionnant l’OFPRA et la CNDA, c’est peu dire que tout le monde n’est pas le bienvenu.

 

Dans ces instances où l’on part du postulat que le migrant triche et ment, rien n’est jamais acquis.

Y sont mis en doute l’homosexualité des uns, les risques encourus par un journaliste soudanais (sachant que la dictature d’Omar El Beshir est classée 184e au monde en terme de liberté de la presse), ou encore que le village du demandeur n’est pas sur googlemaps.

On s’y entend dire : "il n’y a pas eu assez de morts dans votre famille", "certes, vous avez été persécuté (ainsi qu’en témoignent vos nombreuses cicatrices) mais rien ne prouve que cela se reproduira si vous rentrez dans votre pays".

De fait, on constate que des quotas par nationalité, genre, religion réelle ou supposée existent, cela en contradiction avec les fondements mêmes du droit d’asile.

 

Dans le sillage des politiques européennes, la mal nommée "politique accueil" des réfugiés sur laquelle le gouvernement ne prend même plus la peine de communiquer (cf discours de Manuel Valls à Berlin ) se fait sur le dos des sans papiers, criminalisés et stigmatisés sous le vocable de "migrants économiques".

Tout cela est fait pour ne pas poser la question de la liberté de circulation et d’installation des hommes alors que les capitaux, marchandises et flux financiers circulent sans entrave !

Tout cela pour flatter une opinion publique fantôme dont on attise la xénophobie pour mieux diviser les catégories populaires en ces temps de crise économique.

Tout cela pour ne pas mettre à l’agenda l’égalité des droits. Cette stratégie de courte-vue, enclenchée il y a plus de 30 ans, ne fait in fine que le jeu de l’extrême-droite.

 

Face à cela, nous avons assumé de relever la tête.

C’est pourquoi nous avons ouvert pacifiquement le lycée vide Jean Jaurès le 21 avril à minuit, prenant appui sur l’ordonnance de 1945 et l’esprit de la résistance sur la réquisition des logements vacants.

 

L’objectif :

 

donner la possibilité à des migrants à la rue d’être protégés et de s’organiser entre eux sans être pris dans l’étau de l’urgence du fait de leur extrême précarité.

forcer un dialogue avec les autorités afin qu’ils et elles puissent arracher le respect de leurs droits.

permettre des rencontres et la transmission des savoirs faire des Sans Papiers aux demandeurs d’asile ainsi que des organisations qui leurs sont solidaires, échanges qui jusqu’ici n’ont que trop peu eu lieu. Échanges qui pourtant pourraient bénéficier tant aux uns qu’aux autres, d’autant plus qu’ils permettraient d’être plus forts face à l’État.

Cette ouverture, bien que soutenue par le voisinage qui a déjà témoigné d’une grande solidarité a aussitôt suscitée les critiques acerbes de Valérie Pecresse (qui nous a qualifiés de vandales et de hooligans), de la Préfecture de Région via Jean-François Carenco qui disait en octobre dernier "qu’il n’y avait qu’à les laisser (les migrants) crever là tranquille" et Bernard Cazeneuve raccord en cela avec François Hollande qui affirmait il y a quinze jours que l on avait "nettoyé Calais". _ Tous ces propos formalisant la déshumanisation des populations migrantes par les autorités.

Nous rappelons ici que le seul camp de réfugiés aux normes internationales construit par Damien Carême à Grande Synthe à été attaqué par l’État, que ce même État à été condamné pour les conditions sanitaires à Calais ou encore qu’il a violé sa propre décision de justice lors du démantèlement du bidonville.

 

Nous sommes assignés à comparaître ce vendredi 29 avril à 10h30 au tribunal administratif afin de décider de notre éventuelle expulsion.

Celle-ci aurait entre autres pour conséquences de jeter à la rue sans solution les 300 occupants du lycée. Parmi eux, des femmes isolées, des familles, des mineurs et des jeunes enfants.

 

Nous vous appelons donc à nous soutenir par tous les moyens dont vous disposez en signant ce texte et par votre présence à nos côtés chaque fois que cela vous sera possible.

 

Nous sommes convaincus de la légitimité de notre acte de désobéissance civile et en suivant les pas de Martin Luther King, nous réaffirmons qu’"Une injustice commise quelque part est une menace à la justice du monde entier".

 

Le Collectif La Chapelle Debout !

 

Avec le soutien de :

Droits Devant !!

l’union Départementale des syndicats CGT de Paris

le Comité Parisien de Soutien aux Exilé.e.s

la CSP 75

le GISTI

la Ligue des Droits de l’Homme

l’Union Syndicale Solidaires

le Collectif Austerlitz Paris 5e et 13e

la FASTI

le COPAF

le P.G

le PCF du 19ème arrondissement

 

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