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Mohamed Ali El Hammi (1890 - 1928)

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Mohamed Ali El HammiLe pionnier : Père du mouvement syndical tunisien,

 

Mohamed Ali est né en 1890 dans le village d’El Hamma, tout prés de Gabès, au sud de la Tunisie.

Fit des études en Allemagne où il obtint un diplôme en sciences politique et économique.

Revenu en Tunisie en 1923, il fonda la première organisation syndicale tunisienne qui vit le jour en 1924 sous l’appellation de « Confédération Générale Tunisienne du travail » C.G.T.T.

Lui étant hostile dès le départ, les autorités coloniales s’empressèrent de le juger en 1925 et lui infliger une peine de 20 ans de réclusion.

Quelque mois après, les autorités coloniales lui permirent de s’exiler en Arabie Saoudite où il mourut en 1928 dans un accident de circulation.

(sources : UGTT)

 


 

 

Mohamed Ali est considéré comme le père du syndicalisme national en Tunisie ; célibataire, ce serait plutôt le frère aîné. Tahar El Haddad est la figure tutélaire d’intellectuel musulman progressiste de langue arabe. Leurs itinéraires se croisent dans la première Confédération générale tunisienne du travail (CGTT).

Commune origine familiale en milieu déshérité du Sud tunisien à El Hamma de Gabès ; Mohamed Ali y est né avant de suivre son père à Tunis, et très jeune, il va travailler au consulat d’Autriche aux côtés de son frère, pour devenir chauffeur du consul. Son métier sera par qualification : chauffeur-mécanicien.

Tahar El Haddad est né à Tunis, mais dans une famille de migrants gabésiens qui lui permet de passer de l’école coranique à la Grande mosquée El Zitouna en 1911 ; il en sort diplômé en 1923.

En 1911, Mohamed Ali accompagne comme chauffeur Anouar Pacha, dignitaire ottoman dépêché de Tunis en Tripolitaine auprès de la résistance turque à l’offensive italienne. Il entre dans la mouvance ottomane et se retrouve en Turquie pendant la guerre dans le milieu des militaires Jeunes Turcs et dans l’entourage d’Enver Pacha. Le général Jeune turc vient du front tripolitain et part à la recherche d’un soutien armé auprès de la révolution bolchevique avant de mourir dans le camp adverse. Les Tunisiens partisans des Turcs trouvent appui auprès des alliés allemands. C’est à Berlin que s’active Ali Bach Hamba, le banni (1911) du mouvement Jeune tunisien qui lance La revue du Maghreb.

En 1921, Mohamed Ali est à Berlin où il anime la confédération des étudiants arabes en Allemagne (El Arabia). Il est inscrit à l’Université mais en est renvoyé pour « insuffisance de travail » ; ce qui ne l’empêchera pas, quand il rentrera à Tunis en 1922-1923 et finalement en mars 1924, de passer pour docteur en économie politique. Il loge alors chez sa sœur en milieu gabésien et entreprend une campagne pour le développement du mouvement coopératif. On connaît ses idées par Tahar El Haddad qui rapporte une conférence faite à l’association la Khaldounia. Les coopératives doivent permettre d’échapper à la spéculation et à l’exploitation. On reconnaît là un leitmotiv des socialismes débutants dans l’Europe du xixe siècle et dans le monde arabe des années 1920. Une « coopérative commerciale pour l’achat et la vente de produits alimentaires » est ainsi créée. C’est cette réputation de savant et de propagandiste des coopératives ouvrières qui suscite l’appel des dockers en grève en juillet 1924. Mohamed Ali passe du rôle d’animateur du comité d’action et de soutien qui double le comité de grève, à la direction de la CGTT fondée face à l’Union des syndicats CGT, le 3 septembre 1924.

Arrêté au début de février, il sera condamné en décembre 1925 - avec trois autres gabésiens sur les cinq Tunisiens à la direction de la CGTT - par le tribunal d’Alger qui juge « le complot » contre le Protectorat français de Tunisie. C’est Tahar El Haddad qui avec d’autres anciens de la Zitouna, a participé activement à cette première expérience de syndicalisme national, qui dresse l’historique de la CGTT en reconstituant presque immédiatement les faits et gestes de Mohamed Ali dans son livre de près de 200 pages publié en 1927 à l’imprimerie El Arab de Tunis : Al Oummâl al-toûnissiyyoun wa dhoubour al-’harakah al-niqâbiyyah (« Les travailleurs tunisiens et la naissance du mouvement syndical »).

Redevenu chauffeur-mécanicien, Mohamed Ali vit au Caire. Chauffeur d’un pacha, il aurait refusé de conduire l’Ambassadeur de France. Pour le compte d’une entreprise de louage de voitures, il trouve la mort le 10 mai 1928 dans un accident d’automobile survenu entre Djedda et La Mecque.

Sources : René Galissot, « Les mouvements ouvriers au Maghreb : étude comparée », colloque Pour une histoire critique et citoyenne. Le cas de l’histoire franco-algérienne, 20-22 juin 2006, Lyon, ENS LSH, 2007,

http://ens-web3.ens-lsh.fr/colloques/france-algerie/communication.php3?id_article=238

 


FINIDORI Jean-Paul.
Né le 2 mars 1890 à Figari (Corse), fils d’un laboureur. Comptable, en 1922 employé de la municipalité de Tunis. Membre de la C.G.T.U. et de la Fédération de Tunisie du P.C. (S.F.I.C). La Fédération communiste de Tunisie était issue du ralliement à la IIIe Internationale de la majorité de l’ancienne Fédération socialiste et de syndicalistes. A la différence des Fédérations communistes d’Algérie, la Fédération de Tunisie exprima aussitôt son adhésion au mot d’ordre d’indépendance des colonies, s’employa à l’arabisation du Parti, prit en compte la question nationale comme en témoignent les articles du jeune lycéen puis étudiant Maurice Raimbault , dans le journal devenu l’organe communiste qu’était L’Avenir social. C’est pour avoir lancé une presse communiste en langue arabe et soutenu la cause nationale tunisienne que Robert Louzon fut emprisonné, condamné et expulsé de Tunisie en août 1922.
C’est Jean-Paul Finidori qui apparaissait comme son second et, parce que Français, qui lui succéda comme gérant de L’Avenir social; il assura aussi le secrétariat de la Fédération communiste. Son activité militante s’exerça non seulement en tant que responsable communiste, ce qui lui valut déjà d’être révoqué de son emploi municipal et il dut alors travailler comme employé comptable chez un représentant de commerce, mais Jean-Paul Finidori se trouva également amené à soutenir les mouvements de grèves dans des entreprises proches de Bizerte en août et septembre 1924 comme celles de Tunis en août et septembre également et de sa banlieue sud en janvier 1925 et plus encore à prendre part à la naissance et au développement d’un syndicalisme tunisien : Confédération générale des Travailleurs tunisiens (C.G.T.T.) animée par les communistes et dirigée par Mohamed Ali, secrétaire général.

Ce soutien au premier syndicalisme tunisien et sa responsabilité de gérant de L’Avenir social valurent à J.-P. Finidori plusieurs condamnations : un an de prison pour écrits outrageant le Résident général, deux ans pour provocation de militaires à la désobéissance, deux ans et demi pour atteinte au pouvoir de la République française en Tunisie. Mais les condamna­tions s’accumulèrent pour mettre fin à son action en Tunisie ; arrêté avec les syndicalistes tunisiens (Mokhtar El-Ayari et Mohamed Ali El-Hammi) en février 1925 pour complot contre la sûreté intérieure de l’État, il fut jugé à Tunis en novembre 1925 et condamné à dix ans de bannissement. Le procureur de la République disait dans son réquisitoire : « le plus coupable, c’est Finidori, le traître français dont le but était le massacre de ses compatriotes ».
A la suite de son bannissement et après sa rupture avec le P.C. Finidori vint à Paris sous un faux nom, se prononça pour l’indépendance du syndicalisme (cf. Le Cri du Peuple) et rejoignit Robert Louzon et l’équipe de La Révolution Prolétarienne; il appartint au « noyau » de cette revue, y collabora, publiant notamment en 1938 une étude sur la Tunisie, après la répression du mouvement national du 9 avril 1938. Il avait appartenu en juillet 1935 au comité provisoire d’organisation de la Conférence nationale de Saint-Denis contre la guerre, qui siégea les 10 et 11 août.
Admis au syndicat des correcteurs le 15 mars 1935, J.-P. Finidori appartint au comité syndical de 1946 à 1948 puis de 1952 à 1955. Il fut trésorier du syndicat de 1952 à 1954 et trésorier adjoint en 1955. Retraité, il se retira à Tunis où il vit toujours en 1986.

ŒUVRE: Batailles ouvrières, la C.S.T. tunisienne et les impérialistes français des années 20. textes-documents de R. Louzon, 1981, 56 pages.

SOURCES: L’Internationale, 24 mai 1922. - La Révolution Prolétarienne, articles sur le procès de Tunis. - Le Cri du Peuple, 1930-1931. -Thèse Liauzy, op. cit. - Y. Blondeau, Le Syndicat des correcteurs, op. cit. - Notes de J.-P. Finidori, juillet 1980.

R. Gallissot

Extrait du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier Maitron (4° partie, tome 28, 1986)

 


 

 

Mis à jour ( Mardi, 08 Janvier 2013 20:47 )  

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