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Samama Chikly, pionnier du cinéma tunisien

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Albert Samama par Férid Boughedir

 

Albert Samama, dit Samama Chikly, fut le premier cinéaste tunisien. Certains disent que ce surnom lui vient d'une joyeuse confrérie qui s'appelait Les Pompiers de l'Ile de Chikly, cette petite île située sur le lac de Tunis où Albert Samama organisait des fêtes. Ce personnage extraordinaire était d'une curiosité telle qu'il a été le premier à introduire une multitude de nouveautés en Tunisie, dont d'ailleurs, le cinéma. Avant d'amener le cinéma, il a été le premier à introduire la bicyclette, le télégraphique sans fil, le premier appareil à rayons X dans un hôpital de Tunis ... Comme il était passionné de photographie, il s'est tourné tout naturellement vers le cinéma, en 1895, lorsque le cinéma a été inventé. Deux ans après, Albert Samama Chikly organisait des projections de films en Tunisie. Non content de filmer sur terre, cet inventeur curieux et touche-à-tout, a effectué la première prise de vue en ballon entre Hammam-lif et Grombalia puis les premières prises de vue sous-marines. Il filme ensuite le tremblement de terre de Messine, une pêche au thon pour le Prince de Monaco, et pendant la Guerre 14-18, les tranchés de Verdun. Après toutes ces réalisations expérimentales, il décide de faire son premier court métrage. C'était en 1922. Il tourne Zohra, l'histoire d'une jeune fille française qui tombe d'un avion et qui est recueillie par une tribu bédouine tunisienne. Le film décrit la vie de cette tribu dans tous ses détails. Il en avait confié le rôle principal à sa fille Haydée (elle vit toujours en Tunisie, plus précisément à la rue de Marseille à Tunis). Je donnerai cher pour retrouver ces films que je cherche depuis longtemps. Un grand réalisateur de Hollywood, Rex Ingram, auteur notamment de Ben Hur, avait demandé à Haydée Chikly de jouer dans un de ses films. Son père s'y était opposé et c'est ainsi qu'au lieu de laisser sa fille aller à Hollywood, Samama Chikly a décidé de ramener Hollywood jusqu'à sa fille. Il réalise donc Aïn el Ghazal ou La Fille de Carthage, premier long métrage de Tunisie réalisé par un Tunisien.

Après ce long métrage de Samama Chikly, de nombreux films coloniaux sont tournés en Tunisie et on n'entend plus parler de celui qui fut le père du cinéma tunisien. Sur la tombe de Samama Chikly, on peut lire cet épitaphe: "Inlassable dans la curiosité, téméraire dans le courage, audacieux dans l'entreprise, obstiné dans l'épreuve, résigné dans le malheur, il laisse des amis".

 

Extrait de Confluences Méditerranée N°10 Printemps 1994

 

 


 

 

Histoire du cinéma tunisien     

Le cinéma tunisien compte environ 600 films d'auteurs abrités à la Cinémathèque nationale. Ils traitent tous les sujets de la société tunisienne. Certains de ces films connaissent un succès international comme Signe d'appartenance de Kamel Cherfi (réalisateur franco-tunisien), qui obtient le premier prix de la Mostra de Venise, Halfaouine, l'enfant des terrasses et Un été à la Goulette de Férid Boughedir, Les Ambassadeurs de Naceur Ktari, Les Silences du palais de Moufida Tlatli, Essaïda de Mohamed Zran et plus récemment Satin rouge réalisé par une femme : Raja Amari.

 

Le cinéma existe en Tunisie depuis son apparition à l’échelle mondiale. Dès 1896, les frères Lumière tournent des vues animées dans les rues de Tunis. En 1919, le premier long-métrage réalisé sur le continent africain, Les Cinq gentlemen maudits de Luitz-Morat, est tourné en Tunisie. En 1966, le premier long métrage tunisien (95 minutes) en noir et blanc est réalisé et produit par Omar Khlifi : Al-Fajr (L’Aube) tourné en 35 millimètres[1].

 

En 1927, la première société tunisienne de distribution de films, TUNIS-FILM, débute ses activités. Après l’indépendance, la production des films dépend entièrement de la Société anonyme tunisienne de production et d'expansion cinématographique (SATPEC) qui s’occupe de la gestion de l’activité cinématographique dans le pays. Néanmoins, dans les années 1980, on assiste à l’émergence du secteur privé qui entraîne la liquidation de la SATPEC.  (ici)

 



Cinéma en Tunisie : Repères chronologiques: 1890 – 2009 (ici)

 

 

 

1896: Les  Frères Lumière tournent des vues animées dans les rues de Tunis.

1897: Premières projections à Tunis organisées par le Tunisien Samama Chikli et le photographe français Soler.

 

1907: Installation à Tunis d'une agence PATHE de vente de films.

1908: Ouverture à Tunis de la première salle de cinéma l'OMNIA-PATHE. 

 

1919:Tournage en Tunisie du premier long-métrage réalisé sur le continent africain

       - "Les cinq Gentlemen maudits" de Luitz Morat.

 

 

1922: Samama Chikli tourne le premier court métrage "Zohra",

1924: Samama Chikli tourne un deuxième film de fiction "Aïn el Ghazal" .

1927: Ouverture de la première Société Tunisienne de distribution de films TUNIS-FILM 

 

 

1935:Tournage du 3ème film Tunisien de fiction parlant "Tergui" de Abdellaziz Ben Hassine

1937: Tournage du 1er long-métrage Tunisien "Le fou de Kairouan" de Jean André Crezy

Naissance de la première revue tunisienne de cinéma "Arradio wa Assinima" (Radio et Cinéma).

1939: Succès du cinéma égyptien à Tunis avec la sortie de "Alwarda al baydha" (La rose blanche) de Mohamed Karim, avec Mohamed Abdelwahab.

 le public tunisien se rend couramment au cinéma, Ouverture de salles dans de nombreuses villes tunisiennes.

 

 

1942: Premier Camion cinéma qui projette des films dans les villages.

1946: Premier ciné-club de Tunis.

Création des studios Africa, première infrastructure industrielle de cinéma en Tunisie.

1947: Deuxième revue tunisienne de cinéma "Al Masrah wa Assinima" (Théâtre et Cinéma).

 

1950

 

1950 : Création de la Fédération Tunisienne des Ciné-clubs.

1953: Premier journal filmé "Les Actualités Tunisiennes"

1954: Création de la Cinémathèque Tunisienne.

1955: Première société de production privée  El Ahd El Jadid  qui produit les Actualités Tunisiennes.

1957:  Création de la  Société nationale de production, importation, distribution, et exploitation de films,  SATPEC

1958: Réalisation par Jacques Baratier de "Goha" avec Omar Charif et Claudia Cardinale,(coproduction franco-tunisienne)

 

 

1960: Promulgation du "Code du Cinéma " .

1961: Omar Khlifi tourne en amateur ses deux premiers courts-métrages: "Une page de notre histoire" et "Oncle Mosbah en ville".

Naissance de la première génération des cinéastes professionnels: les documentaristes (Ben Miled, Harzallah, Mechri, Ben Salem, Béhi).

1962: Fondation de l'A.J.C.T. (Association des Jeunes Cinéastes Tunisiens) .

1963: création à travers le pays de 30 maisons de la culture munies de projecteurs en 16mm, mise en place  des ciné-bus  en zones rurales et création d'une filmothèque nationale.

Production par le Secrétariat d'Etat aux Affaires Culturelles et à l'Information du long-métrage documentaire "Renaissance" de Mario Ruspoli (sur le mouvement de libération nationale).

1964: Premiere session du Festival de Cinéma amateur de Kélibia.

Création de la revue "Goha."

Coproduction avec l'ex RDA du long métrage "H'mida" de Jean Michaud Maillan, sur la fin du colonialisme en Tunisie.

1965: Inauguration de la première salle d'Art et Essai : "Le Globe" à Tunis.

1966: Tournage du 1er long métrage réalisé par un Tunisien après l'indépendance : "Al fajr" (l'Aube) d'Omar Khlifi .

Tournage du moyen-métrage 2+2 = 5( film de la tendance "intellectualiste).

Première session  des "journées Cinématographiques de Carthage" (J.CC) -Secrétaire Général Tahar Chériaa-

Démarrage de la Télévision Tunisienne.

1967: Création par la SATPEC du complexe industriel de cinéma de Gammarth.

1968: Tournage de longs métrages : "Al Moutamarred" (le Rebelle) d'Omar Khlifi .

 "Mokthar" de Sadok Ben Aïcha

 "La Mort Trouble" de Claude d'Anna et Férid Boughedir .

Les clubs de l'AJCT se réunissent en "Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs" (F.T.C.A.)

1969: Promulgation de la loi accordant le monopole national d'importation de films à la SATPEC.

 longs métrages "Sous la pluie de l'automne" d'Ahmed Khechine

 "Om Abbès" d'Ali Abdelwaheb.

 "Une si simple histoire" Abdellatif Ben Ammar et de la Coproduction franco-tunisienne: "l'Eden et après" d'Alain Robbe-Grillet .

 

 

1970: Tournage : "Au pays de Tararani" de Férid Boughedir .

1971: "Yusra" de Rachid Ferchiou.

1973: Réouverture de la "Cinémathèque Tunisienne" gérée par la SATPEC.

1975: Le long métrage sur l'émigration: "Assufara" (Les Ambassadeurs) de Nacer Ktari,  premier à sortir en Europe dans le circuit commercial, et à passer à la télévision française.

1977: Présentation au Festival de Cannes (Quinzaine des réalisateurs) du long métrage "Soleil des Hyènes" du tunisien Ridha Béhi.

1978: Tournage du premier  long métrage "La Noce" produit  sans l'aide de l'Etat, par la compagnie du "Nouveau Théâtre".

 La 7ème session des JCC , élargit la participation à l'ensemble du "Tiers-Monde",

1979: Coproduction Tuniso-algérienne du long métrage "Aziza" d'Abdellatif Ben Ammar.

 Exonération de toute taxe à l'importation du matériel servant à la confection et la projection de films

 

 

1980: "Aziza" d' Abdellatif ben Ammar Obtient le " Tanit d'or " des J.C.C avant d'être sélectionné par la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes.

1981: Abandon du monopole d'importation et de distribution de films détenu par la SATPEC et début de la reprise en mains du marché par les distributeurs privés.

 Promulgation de décrets d'encouragement à la production et l'exploitation cinématographique.

1982: "L'ombre de la terre" de Taieb Louhichi  sélectionné à la Semaine de la critique du Festival de Cannes.

1983: Le long métrage documentaire "Caméra d'Afrique" de Férid Boughedir, présenté au Festival de Cannes section "Un certain regard".

Inauguration des nouveaux laboratoires couleurs de la SATPEC à Gammarth.

1985: Les studios Carthago Films dirigés par Tarak ben Ammar abritent le tournage du film: "Pirates" de Roman Polanski, développé dans les laboratoires de la SATPEC.

"Les Anges" de Ridha Béhi  sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes.

1986: "L'Homme de cendres" de Nouri Bouzid obtient le Tanit d'or de la 11ème session des JCC.

Sortie du premier long métrage tunisien pour enfant: "Sabra et le monstre" de Habib Messelmani.

Création de l' association Tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique.(l'ATPCC)

1987: Le long métrage documentaire tunisien "Caméra Arabe" de Férid Boughedir en sélection officielle au Festival de Cannes.

1988: 12ème session des JCC. "Arab" de Fadhel Jaziri et Fadhel Jaïbi remporte le Tanit de Bronze et le prix du meilleur acteur.

1989:Deux longs métrages tunisiens sont sélectionnés simultanément au Festival de Cannes: "Arab" à la Semaine de la Critique et "Les Sabots en or" de Nouri Bouzid "Un Certain Regard)".

"Leïla ma raison" est sélectionné en compétition officielle au festival de Venise.

 

 

1990: "Halfaouine" de Férid Boughedir est programmé au festival de Cannes (pré-ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs) le court-métrage tunisien "Le Casseur de Pierres" de Mohamed zran à la section "Un Certain Regard".

. Halfaouine " obtient le Tanit d'or, des 13ème session des  JCC .

1991: "Halfaouine" est sélectionné pour les "Césars" .

"Chichkhan" de Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaïbi Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes.

"Le Collier perdu de la colombe" de Nacer Khemir sélectionné aux festivals de Locarno et de Namur.

1992: "Bezness", 3ème long-métrage de Nouri Bouzid est sélectionné à la "Quinzaine des Réalisateurs" du Festival de Cannes.

1993: Organisation des "Journées du Cinéma Maghrébin" inaugurées par "Regard de Mouette" de Kalthoum Bornaz et "Les Tambours de Feu" de Souheil Ben Barka. Trois nouvelles femmes réalisatrices de courts métrages: Mounira Bhar "Itinéraire" et "Kenz", Najwa Tlili "L'héritage", Nadia El Fani "Fifty-Fifty mon amour" et "Tanitez moi".

1994: "Les Silences du palais"  de Moufida Tlatli: est sélectionné à la "Quinzaine des Réalisateurs" à Cannes. Il remporte une Mention du Jury, de la Caméra d'Or. et obtient le Tanit d'or et le prix d'interprétation féminine lors de la 15 ème session des J.C.C

1998: Férid Boughedir tourne "Un été à la Goulette" avec la participation de Claudia Cardinale, Michel Boujenah et Haydée Chikli.

- Inauguration du " Musée du cinéma "

-Tournage de " Siestes grenadines " de Mohamed ben Mahmoud,," Sois mon amie " de Naceur Ktari et " no man's love " de Nidhal Chatta. 

 

 

2000: - 5èmes Journées Internationales du court métrage de Tunis.

- "La saison des hommes" de Moufida Tlatli figure dans la sélection officielle au festival de Cannes. Section "Un certain regard",hors compétition.

2001: - "Fatma" de Khaled Gorbal séléctionné à la Quinzaine des réalisateurs (Cannes).

2002: - "Satin rouge" de Raja Amari séléctionné au "Forum" (Behi).

-  "La Boite magique" de Ridha Behi en sélection officielle à Venise,

- "Khorma" de Jilani Saadi et "El Kotbia" de Naoufel Saheb Ettabaa aux jcc.

- "Poupées d'argile" de Nouri Bouzid y remporte le Tanit d'argent et le prix du meilleur acteur.

- "La Boite magique" remporte le prix spécial du jury.

- "Rais Labhar" (O, capitaine des mers !) de Hichem Ben Ammar.

- Le prix du meilleur documentaire sortie de "Le chant de la noria" de Abdelatif Ben Ammar.

2004: - Sortie de "La Ville" de Mohamed Damak.

- Trois premières oeuvres:

- "Parole d'hommes" de Moez Kamoun;

- "Noce d'été" de Mokhtar Ladjimi;

- et "Elle et Lui" de Elyes Baccar, aux JCC.

- "Visa" de Ibrahim Letaief, Tanit d'or du meilleur court métrage.

2005: - Sortie de "Le Prince" de Mohamed Zran.

2006: 9 nouveaux longs métrages tunisiens:

- "Making off, le dernier Film" de Nouri Bouzid.

- "Khochkhach, Fleur d'oubli" de Selma Baccar.

- "La Télé arrive !" de Moncef Dhouib.

- "Tendresse du loup" de Jilani Saadi.

- "El Lombarra" de Ali Labidi.

- "Bin El widyane" de Khaled Barsaoui.

- "L'autre moitié" de Kalthoum Bornaz.

- "Ring" de Hichem Ben Ammar.

- "VHS-Kahloucha" de Najib Belkadhi.

2008: - Sortie du film "Trente" de Fadhel Jaziri.

- "Cinécitta" de Ibrahim Letaief.

- "L'accident" de Rachid Ferchiou.

2009: Production du film "La dernière heure" de Ali Labidi.

- Tournages du film "Avenue des palmiers blessés" de Abdelatif Ben Ammar.

 

Les longs métrages produits en 2009

- "Les secrets" de Raja Amari.

- "Dernière Heure" de Ali Abidi.

- "Vivre Ici" "Zarzis" de Mohamed Zran

 

Mis à jour ( Mardi, 12 Janvier 2010 00:13 )  

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