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Peinture : Yahia Turki et l'Ecole de Tunis

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L’art plastique en Tunisie s’est développé au début du 19ème siècle par le biais des Turcs, et ce, à travers la peinture sous verre, portant sur des thèmes universels impliquant la conscience collective, loin de toute démarche subjective de l’artiste.

 

Lors de la dernière décennie du 19ème siècle, une nouvelle tendance artistique a vu le jour avec le recours à la peinture de chevalet, se basant sur l’individualité de l’artiste qui se débarrasse de plus en plus de l’esthétique collective pour asseoir sa propre vision des choses et célébrer ainsi sa propre sensibilité.

Le premier Tunisien qui s’est aventuré dans cette voie était Ahmed Osmane qui a utilisé la technique de la peinture à huile sur toile en respectant les règles esthétiques occidentales.

Le premier salon tunisien d’arts plastiques a ouvert ses portes en 1894 au siège de l’Association ouvrière maltaise afin d’attirer les peintres et les architectes français en Tunisie dans le cadre de l’urbanisation du pays. Le Salon tunisien a joué un rôle primordial dans la naissance du mouvement plastique tunisien d’autant que les peintres tunisiens ont été influencés par leurs collègues étrangers.

Le premier Tunisien à avoir exposé ses œuvres sur les cimaises de ce salon était Abdelwaheb Djilani, en 1912.

De nombreuses figures dont Abdelwaheb Djilani, Hédi Khayachi, Yahia Turki, Abdelaziz Berrais, Ali Ben Salem, Hatem El Mekki, Ammar Farhat et Amara Debbech ont participé à la promotion des arts plastiques en Tunisie.

Littérature

La littérature arabophone remonte au VIIe siècle avec l’arrivée de la civilisation arabe dans la région. Elle est plus importante que la littérature en langue française qui suit l’implantation du protectorat français en 1881. La bibliographie nationale recense

1. 249 livres non scolaires publiés en 2002 en Tunisie, dont 885 titres sont en arabe.

Parmi les figures littéraires arabophones, on peut citer Ali Douagi, qui a produit plus de 150 contes radiophoniques, plus de 500 poèmes et près de 15 pièces de théâtre, Béchir Khraief

Moncef Ghachem, Walid Soliman, Habib Selmi ou Mahmoud Messaadi. Quant à la poésie, elle opte pour le non conformisme et l’innovation : Abou el Kacem Chebbi apporte ainsi un nouveau langage en déplorant la pauvreté de l’imagination dans la littérature arabe. La littérature francophone tunisienne ne concerne à proprement parler que le XXe siècle. Elle est alimentée dans un premier temps tant par des auteurs musulmans arabes comme Mahmoud Aslan ou Salah Farhat que par des auteurs issus des minorités juives, Ryvel ou César Benattar. Par ailleurs, la littérature francophone prend également un essor grâce aux Français installés en Tunisie qui fondèrent une vie littéraire tunisoise en prenant modèle sur la vie littéraire parisienne.

Des écrivains tunisiens percent à l’étranger dont Abdelwahab Meddeb, Tahar Bekri, Mustapha Tlili, Hélé Béji ou encore Fawzi Mellah. Les thèmes de l’errance, de l’exil et du déchirement constituent l’axe principal de cette création littéraire.

 

 

 



 

Aspects de l’art tunisien contemporain

 

Par Ali Louati

 

Après Ahmed Osman, premier tunisien à avoir pratiqué dès la fin du XIXe siècle, la peinture de chevalet, dans un esprit d’imitation des portraitistes européens qui travaillaient pour la cour beylicale, les premiers artistes tunisiens entament une lente évolution vers des conceptions plus indépendantes de l’art colonial et mieux en rapport avec la culture traditionnelle. Les travaux à thème populaire de Hédi Khayachi, Yahia Turki, Abdelaziz Berraïes, Aly Ben Salem et Ammar Farhat, constituent une première tentative d’intégration de la vie sociale comme dimension essentielle de l’œuvre d’art, et opèrent en même temps la rupture avec l’imagerie figée d’un certain orientalisme. Le mouvement artistique sera désormais dominé par la peinture, les artistes tunisiens ayant peu développé d’autres techniques d’expression.

Hatim Elmekki, né à Djakarta en 1918, dernier des pionniers et doyen des artistes tunisiens, apporte au mouvement artistique la verve impatiente d’un talent multiforme, porté vers la recherche et l’expérimentation. Sa démarche particulièrement sensible aux prouesses de la technique, communique, assez tôt, avec les vagues successives de l’art international, expressionnisme, dadaïsme, surréalisme et jusqu’aux images analytiques de la nouvelle figuration.

 

 

L’école de Tunis

 

Au lendemain de l’Indépendance survenue en 1956, et sous l’influence de personnalités fortes comme Yahia Turki et Ammar Farhat, un esprit nouveau se fait jour qui, en se fondant sur la combinaison de thèmes d’inspiration populaire et d’une image idéalisée de la réalité, consacre une certaine idée de l’appartenance culturelle. C’est l’esprit de l’École de Tunis, dont les membres continuent à revendiquer l’expression d’un authentique art tunisien.

Jelal Ben Abdallah (né en 1921), exprime son attachement aux valeurs traditionnelles par la récurrence dans son œuvre d’éléments décoratifs: architectures, objets finement ouvragés, meubles anciens, bijoux rutilants, tissus précieux. Chez Gorgi (né en 1928), la référence à la tradition avait pris, au début, une allure plus formaliste qui rejoignait la miniature musulmane. Les années soixante marquent, pour lui, le début d’une nouvelle période qui explore l’univers cocasse et délirant de l’âme populaire, avec ses fantasmes, ses obsessions et sa verve facétieuse. Ali Bellagha (né en 1924), propose un espace où triomphent l’élégance et l’harmonie. Un sens inné de l’organisation s’y impose à travers un large inventaire de formes dérivées du patrimoine décoratif traditionnel.

De tous les artistes de l’Ecole de Tunis, Zoubeir Turki (né en 1924) est, certainement, le plus populaire. Dans des compositions où la figure humaine domine, il rend compte de la richesse de toute une société avec ses coutumes, ses personnages, sa mentalité, à travers une vaste galerie de “portraits”, de caractères. L’artiste a des rapports complices avec ses personnages comme tout grand romancier pourrait en avoir avec les siens.

Brahim Dhahak (né en 1931), graveur et peintre au style puissant, réalise de magnifiques porte-folios sur les thèmes les plus divers: souffle narratif de la Geste Hilalienne, regard attentif sur la nature dans Oiseaux et Poissons. Safia Farhat (née en 1924), seule femme du groupe, affectionne les compositions fortement charpentées, où un graphisme puissant interprète dans une manière large des thèmes de la vie traditionnelle.

 

 

Nouvelles tendances

 

Déjà, dans l’après guerre, l’on décelait dans les travaux de Hatim Elmekki, un souffle non conformiste, sinon frondeur, qui refuse de souscrire à l’esprit communautaire en art et donne davantage de place au rêve individuel. A la fin des années Cinquante, il est rejoint, dans cette attitude, par d’autres artistes comme Néjib Belkhoja et Mahmoud Sehili qui deviennent les principaux animateurs d’un courant contestataire qui s’est prolongé jusqu’au milieu des années ’80, prônant, pêle-mêle, liberté de l’artiste, engagement social ou politique, aspiration à l’universel et, plus tard, une redéfinition du cadre de la quête de l’identité.

 

 

L’abstraction

 

Dans le cadre limité de la réalité locale, on peut dire que l’art abstrait tunisien, courant dominant des nouvelles tendances, a joué un rôle non négligeable dans l’évolution artistique en secouant les vieilles habitudes, en suscitant de nouvelles interrogations et en éveillant la sensibilité du public cultivé à une meilleure appréciation de la création; ce faisant, il a influencé, indirectement, la peinture figurative locale qui, sans abandonner ses thèmes traditionnels, s’est mise, à son contact, à accorder une meilleure place aux considérations de plasticité et de primauté de la composition. Habib Chébil, plus que tout autre peut-être, a pratiqué l’abstraction dans l’acception la plus stricte du terme, c’est à dire sans référence consciente ou inconsciente à la réalité. Ridha Bettaïeb (1939-1994) développe une quête d’équilibre entre de grandes formes épurées migrant dans une atmosphère de bleus soutenus. Les compositions monochromes de Rafik El Kamel simulent des formes “biologiques” en suspension rappelant l’univers de la cellule vivante. Noureddine El Héni, Rachid Fakhfakh, Habib Bida et d’autres, venus à la peinture vers la moitié des années ’70, ont tenté de donner un nouveau souffle à l’abstraction. L’éclectisme d’El Héni l’engage dans diverses directions de la peinture non objective, avant de rejoindre une figuration allusive traitant la nature (poissons, fleurs) en éléments rythmés. Bida ne se départira jamais de son lyrisme, tandis que Fakhfakh quittera rarement ses recherches chromatiques.

Dans le panorama de l’art tunisien contemporain, l’abstraction connaît un regain de vigueur, grâce à Jamel Esseghaïer et à Mohamed El Yakoubi qui pratiquent un minimalisme monochrome en grands formats, et à Amel Bennys méditant sur la spatialité de lieux infinis, dont elle matérialise la nudité et l’étrangeté par les aplats d’aluminium et de graphite.

 

 

Redécouverte du patrimoine

 

L’intérêt de l’art abstrait tunisien ne réside pas tant dans ses réalisations formelles que dans le fait qu’il a été une étape nécessaire à la redécouverte des arts traditionnels, en permettant une nouvelle perception des moyens de réalisation artistique et en rappelant à l’esprit la similitude de l’espace esthétique moderne avec les principes de l’espace autonome arabo-musulman, et ce en allant plus profondément que l’affirmation superficielle du caractère “abstrait” de l’arabesque.

Cette affinité a été sentie et exploitée à bon escient par Néjib Belkhoja lorsque, dès la fin des années soixante, il évolue d’un style abstrait vers une expérience constructiviste, ayant pour thème les structures du paysage urbain des Médinas anciennes; la démarche qui, un moment, semblait admettre l’espace perspectif a tôt fait de réintégrer une stricte bidimensionnalité, en faisant reposer la structure essentielle de la composition sur un rapport constant entre la courbe et la droite; ces dernières, diversement combinées, étant issues des rythmes de la calligraphie Coufique et de l’architecture musulmane.

A partir de 1973, Nja Mahdaoui, principal représentant du courant lettriste en Tunisie, propose des compositions néo-calligraphiques qui, tout en prenant ses distances vis-à-vis de la signification des mots et des lettres, simulent des textes et des paraphes ayant des liens formels avec la tradition épigraphique et ornementale musulmane.

Tout en gardant un lien vague avec l’héritage ancien, Rym Karoui et Insaf Sâada se ressourcent, plus volontiers, dans une symbolique universelle où le poisson et autres motifs prophylactiques, jouent un rôle important.

 

 

Les figurations

 

Au sein du mouvement contestataire des années Soixante, les démarches figuratives jouaient un rôle de second plan par rapport à l’abstraction, expression exclusive et radicale n’admettant pas que la figuration puisse encore découvrir de nouveaux rapports à la réalité. Néanmoins des artistes comme Mahmoud Sehili, Habib Saïdi, Belgacem Lakhdar, posent un regard nouveau sur le réel, plus elliptique et plus subjectif, que celui de l’Ecole de Tunis. Quelques-uns sont souscrit à un certain engagement politique et social, tandis que d’autres se sont tournés vers le fantastique. Cette même décennie voit aussi l’émergence d’une peinture naïve qui remet en honneur la richesse et la fraîcheur de la créativité populaire.

Les premiers sujets de Sehili, tirés de la vie quotidienne dans l’île de Jerba, sont traités dans une matière épaisse dont le chromatisme se réduit aux seules nuances des blancs, gris, bruns et noirs. Son style connaît ensuite une évolution qui l’éloigne progressivement de sa vigoureuse stabilité pour une matière plus gestuelle et plus nuancée.

L’apport de Sehili à la figuration demeure, somme toute, assez “sage” et traduit surtout un goût pour le jeu des matières et des formes. D’autres expériences plus audacieuses établiront de nouveaux rapports avec le visible. En 1968, Gmach réalise des toiles compartimentées dans le goût de la nouvelle figuration, où, dans la pure tradition du “réalisme social”, il évoque la condition des travailleurs, les inégalités sociales, le problème palestinien, en utilisant compartimentage, slogans écrits, réalisme photographique. Certains de ces procédés et d’autres comme le collage, se retrouvent au service d’une inspiration plus libre, dans quelques essais figuratifs de Ridha Ben Abdallah, de Abderrazak Sahli, et dans les “visages” de Faouzi Chtioui multipliant, en modules rythmés, leurs rictus et ricanements obsessionnels. Nja Mahdaoui, avant de passer à la calligraphie, exécute, en 1970, des photomontages où se mêlent surréalisme et érotisme.

Nombreux sont les artistes qui se sont laissés tentér par l’expérience surréaliste. Belgacem Lakhdar visite un espace onirique éclairé par une lumière insolite qui donne aux objets une présence cocasse et incongrue. Plus rude est le monde de Moncef Mensi montrant la souffrance d’hommes et de femmes enveloppées de pansements, de bandelettes ou de suaires. Sadok Mejri reproduit des corps aux traits indéfinis, migrant entre présence et absence. Samia Zaouche, dans des compositions illustratives utilisant la pyrogravure, engage des corps féminins dans des tourmentes gestuelles. Les personnages, creux ou décapités de Hichem Skik, sont les acteurs du drame humain de la vacuité. Chedli Belkhamsa subit, un moment, la fascination d’un monde de métamorphoses, où le vivant se décompose et se recompose selon les péripéties d’une entomologie-fiction. Hédi Labbane, et Mohamed ben Meftah, tous deux excellents graveurs, ont fréquenté, à un moment ou à un autre, ces “ailleurs” lointains de la surréalité.

Rafik El Kamel abandonne, au début des années ’80, son ancienne expression abstraite (à laquelle il reviendra au cours de la décennie suivante), pour une figuration proche du Pop Art. Asma Mnaouar, artiste de la jeune génération est habitée par un purisme formel qui intègre des éléments figuratifs, à peine reconnaissables, dans des compositions d’une belle plasticité.

Hassen Soufy, transfuge de l’abstraction géométrique, passe par un intermède “signiste”, avant de rejoindre, vers la fin des années 80, un style aux atmosphères sensuelles. Sahli, artiste prolixe et aux multiples facettes, a pratiqué, assez tôt, l’esprit et les techniques de la nouvelle figuration, en intégrant la photographie à ses œuvres, à la fois comme témoignage sur le monde et comme support d’un renouveau esthétique.

Le milieu artistique tunisien se souviendra de la personnalité hors normes de Habib Bouabana, esprit frondeur et inquiet, ayant mené une vie de bohème où l’acte de peindre balançait entre quête éperdue d’équilibre et dilettantisme teinté de dérision.

 

 

Univers poétiques

 

Les images du monde telles qu’elles sont interprétées par les artistes tunisiens présentent un inventaire varié d’approches allant de la simple illustration à des propositions subjectives n’entretenant qu’un vague lien poétique avec la réalité. Gouider Triki, Fethi Ben Zakour, Hamadi Ben Saâd, Mohamed Lamine Sassi et Ahmed Hajri vivent confinés dans un univers particulier qui semble se suffire à lui-même, en marge des modes et des turbulences qui agitent le milieu artistique.

Grâce à Ben Zakour, le village de Sidi Bou Saïd, habituellement envahi par une foule bigarrée à la recherche de nourritures plus terrestres, devient, l’espace d’une vision, un lieu “rilkéen” peuplé d’anges. Des réminiscences de Paul Klee et des emprunts à l’imagerie populaire de la peinture sous-verre, enrichissent le monde de Gouider Triki qui, à l’occasion, visite d’autres atmosphères: signes et symboles, microcosmes peuplés de créatures zoomorphes, mondes lilliputiens où les humains et les animaux s’entremêlent dans des compositions qui ont l’allure de stèles élevées en hommage à la nature. Figure familière du milieu artistique, Hamadi Ben Saâd,  réalise des figures monumentales, à la fois hiératiques et cocasses, où son graphisme, puissant, donne aux œuvres une solide charpente. La vision de Mohamed Lamine Sassi s’est depuis longtemps focalisée sur un monde de silence où la seule communication possible se fait par les gestes et les postures des corps; Faouzi Hassouna, un autre héritier de Klee, dont l’univers aux couleurs brillantes ou tendres, se charge de symboles, à côté des images d’une nature en fête, comme surgies d’un conte pour enfants; Meriem Bouderbala qui explore diverses atmosphères allant d’étranges bestiaires symboliques à un matiérisme quasi abstrait; Halim Karabibène dont la démarche proche de celle de Gouider Triki, évolue vers un franc surréalisme, et, depuis quelques années, l’émergence du talent âpre et précoce de Hajer Mselmani qui fait défiler de corpulentes fillettes nubiles dans une atmosphère ardente.

Dans le monde des figurations, l’œuvre de Hajeri (né en 1948, cf. présentation p. 57), occupe une place à part, par l’originalité et la puissance d’une démarche qui a la sincérité et la profondeur d’une confession. Le thème majeur de l’univers de Hajeri est le désir comme tourment, le désir contrarié d’accéder à des “nourritures” interdites ou inaccessibles. Là, l’artiste puise dans la matière inépuisable des frustrations et des appétences contrariées qui ont jalonné une enfance pauvre et affectueusement aride. La sublimation de ces désirs et tourments donne toute sa substance à ce théâtre où se jouent les scènes d’une interminable tragi-comédie.

Baghdadi Chniter est le plus représentatif de l’art naïf tunisien. Il peint des fêtes folkloriques, scènes de pêche, de labour et autres épisodes de la vie populaire. Mais, c’est la femme qui, incontestablement, domine son univers; villageoise, bédouine ou citadine; femme nue ou arborant ses plus beaux atours. A l’occasion, l’artiste n’hésite pas à en surprendre la nudité aux formes généreuses dans une imagerie érotique peu usuelle dans l’art tunisien.

 

 

 

Expériences contemporaines

 

Les artistes tunisiens se sont engagés tardivement dans le champ de la création contemporaine, où, à travers le monde, des artistes de tous bords et de tous pays, s’emploient à renouveler les langages artistiques, en libérant l’œuvre de son statut de produit fini et extérieur à l’acte qui l’engendre.

En Tunisie, quelques artistes se sont essayés aux nouveaux langages tel Ridha Ben Abdallah qui a réalise une

“performance” à la Galerie Irtissem à la fin des années Soixante-dix ou Hamadi Ben Saâd, un moment séduit par la récupération d’objets, comme ces amoncellements de boites de conserves rouillées, qu’il montre, dans les années Quatre-vingt, dans le cadre d’expositions collectives. Mais c’est Abderrazak Sahli qui sera le premier tunisien à se brancher sur la création contemporaine, en développant, à l’occasion de ses expositions, un volet “actionniste”, avec déclamation de poésie sonore, body art et autres interventions.

L’exposition Stèles funéraires en céramique de Khaled Ben Slimane, à la Galerie Chiyem (1988) participe de cet esprit en installant un dispositif spatial contemporain suscitant une atmosphère mystique traditionnelle.

La Galerie Yahia à Tunis présente l’exposition Peinture/Peintures de Nadia Jelassi, vaste installation avec sceaux métalliques de peintures industrielles, barbouillées de couleurs, pinceaux, rouleaux et échelles maculés. C’est une réflexion qui tend à ramener la “peinture” comme matériau, de son espace métaphorique à sa réalité objectale et la réinstaller, ainsi, dans sa triviale quotidienneté.

Fatma Charfi M’Seddi (née en 1955, cf. présentation p. 55), vivant et travaillant en Suisse, poursuit l’exploration de l’univers que lui offre sa curieuse créature Abrouc révélé au public tunisien en 1993, et dont la naissance et l’évolution constituent un vrai cycle mythologique moderne, empreint d’une âpre poésie.

En 1994, Noureddine El Hani et Rachid Fakhfakh, sous le titre sibyllin, Les 40 TA. THA, présentent une installation qu’ils inaugurent par le sacrifice, sur le seuil de la galerie Chiyem, d’un bouc noir, dans une ambiance de vaudou. A l’intérieur de l’espace, une foule nombreuse découvre un espace hallucinant, saturé de symboles, de formes, d’objets, de matériaux, encombrant la vision qui se perd devant tant de signes entremêlés, ambigus, à travers des volutes d’encens, remplissant l’atmosphère sous un éclairage psychédélique.

Depuis les années 60, le mouvement artistique tunisien s’est amplifié et diversifié, grâce aux conceptions des nouvelles tendances. Et même s’il n’en reste, aujourd’hui, qu’un long inventaire d’expositions, des échos lointains de violentes polémiques, avec un vague sentiment de lassitude et d’insatisfaction quant aux promesses de fonder un nouveau rapport de l’art à la société, il n’en demeure pas moins vrai que l’apport de la nouvelle génération a été déterminant pour le renouvellement du langage plastique. La consommation de la rupture avec l’art miroir du monde et l’avènement de la subjectivité comme ressort essentiel de la création, offrent de nouvelles possibilités à l’imagination, et favorisent une multitude d’expressions qu’un attachement excessif aux procédés et aux thématiques de la génération précédente n’aurait pas permises.

 

Ali Louati, écrivain, poète et critique d’art, auteur d’ouvrages sur l’art moderne et contemporain en Tunisie et d’études sur l’art musulman

 

 

 


 

 

 

''L'Art plastique en Tunisie'', ouvrage publié par l'Alecso

TUNIS - L'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (ALECSO) consacre une partie de ses activités à la publication d'ouvrages traitant différents domaines de la culture. Parmi ces ouvrages figure la collection ''l'art plastique dans le monde arabe'' qui compte 13 livres en la matière couvrant plusieurs pays arabes dont la Tunisie.

L'ouvrage ''l'art plastique en Tunisie'', 136 pages, est un livre d'art de grand format reparti sur quatre chapitres.

 

Le premier chapitre concerne les débuts des arts plastiques en Tunisie. A ce propos, l'auteur, en l'occurrence l'écrivain et artiste tunisien Ali Louati, indique que l'introduction des techniques de l'art plastique en Tunisie a eu lieu au début du 19ème siècle par le biais des Turcs, et ce, à travers la peinture sous verre, portant sur des thèmes universels impliquant la conscience collective, loin de toute démarche subjective de l'artiste.

 

Lors de la dernière décennie du 19ème siècle, une nouvelle tendance artistique a vu le jour avec le recours à la peinture de chevalet, se basant sur l'individualité de l'artiste qui se débarrasse de plus en plus de l'esthétique collective pour asseoir sa propre vision des choses et célébrer ainsi sa propre sensibilité.

 

Le premier Tunisien qui s'est aventuré dans cette voie était Ahmed Osmane qui a utilisé la technique de la peinture à huile sur toile en respectant les règles esthétiques occidentales.

 

Ce premier chapitre comporte également des données sur le premier Salon tunisien qui a ouvert ses portes en 1894 au siège de l'Association ouvrière maltaise afin d'attirer les peintres et les architectes français en Tunisie dans le cadre de l'urbanisation du pays.

 

Le Salon tunisien a joué un rôle primordial dans la naissance du mouvement plastique tunisien d'autant que les peintres tunisiens ont été influencés par leurs collègues étrangers.

 

Le premier tunisien à avoir exposé ses œuvres sur les cimaises de ce Salon était Abdelwaheb Djilani, en 1912.

 

Dans le 2ème chapitre, Ali Louati évoque les figures de proue du mouvement plastique tunisien, en les présentant et en expliquant leur apport au mouvement artistique tout en publiant des échantillons de leurs œuvres.

 

Ces peintres sont Abdelwaheb Djilani, Hédi Khayachi, Yahia Turki, Abdelaziz Berrais, Ali Ben Salem, Hatem El Mekki, Ammar Farhat et Amara Debbech.

 

Le 3ème chapitre se focalise sur ''l'Ecole de Tunis'' créée en 1947 et présidée par Pierre Boucherle. L'idée était de rassembler des peintres confirmés en Tunisie sans considérations religieuses, raciales ou artistiques.

 

Les Tunisiens de l'école de Tunis étaient Yahia Turki, Ammar Farhat, J.Lellouche, Jalel Ben Abdallah, Edgar Naccache, Abdelaziz Gorji, Ali Bellagha, Hédi Turki, Zoubeir Turki, Safia Farhat, Brahim Dhahak et Hassen Soufi.

 

Le 4ème et dernier chapitre porte sur les courants novateurs de l'art plastique en Tunisie de la fin des années 50 avec les expériences abstraites de Hédi Turki, Néjib Belkhodja et Amara Debbech.

 

Les expériences abstraites en Tunisie ont pris de l'ampleur au milieu des années 60. Elles seront suivies du ''courant authentique'' qui voulait s'opposer au courant abstrait.

 

Les tenants de ''l'authenticité'' reprochent à leurs collègues de l'abstraction leur individualisme poussé et leur manque d'engagement.

 

Les représentants de la tendance ''authentique'' étaient Nejib Belkhoja, Nja Mehdaoui dont le recours à la calligraphie arabe et aux signes marque ses œuvres, Abdelmajid El Bekri qui s'inspire du patrimoine tout en le réinventant d'une manière moderniste, et tant d'autres. Le plasticien Mahmoud Sehili a, quant à lui, persévéré dans la tendance semi-figurative avec une palette variée et des couleurs estompées.

 

Cette tendance a fait des émules dont Abderrahmane Metjaouili, Habib Bouabana, Moncef Ben Amor et Foued Zaouche.

 

Aux côtés des étudiants des Beaux-arts et des intellectuels qui sont majoritaires dans le milieu artistique, l'on compte d'autres acteurs, à savoir les artistes dits ''naïfs'' qui ont réussi à imposer leurs propres styles, à l'instar de Ali Guermassi, Mehrezia Ghadhab et Ahmed Hajri

http://actualites.marweb.com/tunisie/culture/art-plastique-tunisie-ouvrage-alecso.html

Mis à jour ( Jeudi, 12 Novembre 2009 17:24 )  

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