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Ahmed Bouleymane, l'homme à qui le théâtre tunisien doit beaucoup

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Naissance du théâtre Tunisien

 

Extraits de « Deux siécles de théâtre en Tunisie » Par Moncef Charfeddine

C'est en 1908, que quelques jeunes Tunisiens qui avaient assisté à des représentations données par les troupes italiennes et françaises, eurent l'idée de fonder une troupe théâtrale.

 

Ces jeunes gens se réunissaient dans un salon de coiffure situé rue Léon Roches (l'actuelle rue Mustapha Mbarek) qui appartenait à Sassi El Jerbi.

 

Ils avaient noms : Ahmed Bouleymane (l'homme à qui le théâtre tunisien doit beaucoup puisqu'il lui a consacré sa vie entière et qui fut, longtemps, le doyen des acteurs tunisiens). Béchir El Khangui (le grand journaliste, directeur de "La Voix du Peuple", qui est le premier souffleur qu'ait connu le théâtre et dont la mémoire était demeurée, jusqu'à sa mort, remarquable, malgré son grand âge), Mohamed Bourguiba (frère de l'ancien Président de la République), Hédi Larnaout, Slimane Sahraoui, Mohamed El Hajjem (père du peintre Yahia) et Mohamed Ben Turkia.

 

Ils donnèrent à leurs troupe le nom de "L'Etoile" et fixèrent leur choix sur "Othello" pour leurs débuts. Ils en commencèrent les répétitions au consulat d'Italie qui était situé rue Zarkoun (il deviendra par la suite le Conservatoire National de Musique). Le choix du consulat d'Italie comme lieu de répétition est dû au fait que Hédit Larnaout et Mohamed Ben Turkia y étaient fonctionnaires.

 

Les répétitions avaient lieu tous les soirs et duraient deux heures environ.

 

Mais cette pièce ne fut jamais donnée. Primo : parce que les autorités du protectorat n'autorisèrent pas l'existence de "L'Etoile".

 

Secundo : par manque total d'élément féminin dans la troupe. Et, enfin, parce que nos acteurs en herbe n'avaient absolument aucune notion de mise en scène et n'arrivaient, par conséquent, pas à mettre ce spectacle sur pied.

 

Sur ces entrefaites, une troupe égyptienne, dirigée par Addelka- der El Masri, vint se produire à Tunis.

 

Voici ce qu'écrivait, à ce suet, la Dépêche Tunisienne du 25 septembre 1908 :

 

Le théâtre arabe au municipal; Un ancien projet

 

Il y a un an environ, nous préconisions, ici même, la création du théâtre arabe à Tunis, ou du moins, nous demandions que la Direction de la Société Fermière recrute une troupe égyptienne pour donner sur la scène de notre Théâtre Municipal, une série de représentations en langue arabe.

 

Nous faisions remarquer que ces deux mots " théâtre arabe" qui n'évoquaient sans doute à l'esprit de la grande majorité de nos concitoyens français ou européens qu'une vague idée de licencieux karagouz ou de frétillante danse du ventre, existait cependant; qu'il avait son répertoire et ses interprètes et que ses représentations étaient fort courues.

 

Sa réalisation au cabinet directorial

 

Nous ne pensions certes plus à cette question lorsque nous apprîmes que ce soir même, le Théâtre Municipal ouvrait ses portes à une troupe égyptienne. La nouvelle était intéressante pour nous laisser indifférents; aussi, est-ce avec empressement que nous nous rendons auprès du très aimable directeur général, M. Leygonie, pour le prier de nous donner quelques renseignements sur ses nouveaux pensionnaires. Celui-ci nous reçoit avec sa cordialité habituelle.

 

"J'ai appris, nous dit-il, qu'une troupe égyptienne dont on me disait le plus grand bien était de passage à Tunis. J'ai voulu tenter de réaliser le projet, si préconisé par vous-même, l'an dernier du théâtre arabe. J'usqu'à présent, l'art dramatique ou comique était représenté ici par des saynètes dans lesquelles le fameux "Karakouz" tenait le principal rôle. Evidemment, et bien que le répertoire de Karakouz ait été assez expurgé depuis quelques années, on ne peut prétendre que les représentations du Polichinelle arabe soient extrêmement moralisatrices. Dans les principales villes d'Egypte, il existe des troupes comme celle qui se trouve actuellement à Tunis. Ces troupes comportent les mêmes artistes que les nôtres. Comique, jeune premier, père noble, ingénue, coquette, etc... Le répertoire de ces troupes en dehors des productions du théâtre français, les artistes égyptiens jouent couramment la Dame aux Camélias, le Maître des Forges, etc... Je ne sache pas qu'ils aient entrepris la traduction des pièces de Feydeau ou même des ouvrages à thèse de Brieux, mais, quoi qu'il en soit, ce répertoire est, avouez-le, d'un ordre d'idées autrement élevées que celui de Karakouz. (ici)

 

 

 


 

 

les premiers pas du théâtre tunisien La génération des pionniers

Date symbolique, le 26 mai 1909 marque le jour où montaient sur scène, les premiers comédiens tunisiens. Quel processus a mené à cet événement? Un regard rétrospectif à l'occasion du centenaire du quatrième art, le centre culturel international de Hammamet a accueilli dimanche 7 juin une rencontre  consacrée aux tout premiers pas du théâtre tunisien.

 

Sur fond de commémoration du centenaire du théâtre tunisien, cette rencontre a permis de remonter à la genèse du théâtre arabe en Tunisie.

Pays de grande civilisation, la Tunisie avait connu le théâtre dès l'Antiquité comme l'attestent les édifices consacrés au quatrième art qui parsèment le pays de Carthage à Dougga en passant par Bulla Regia. A l'époque moderne, la Tunisie a connu également un essor du théâtre européen qui s'est traduit aussi bien par la présence de compagnies en tournée que par la construction de théâtres.

Ainsi, selon plusieurs sources concordantes, des représentations théâtrales ont eu lieu en Tunisie dès l'année 1826. Pour affirmer cela, l'historien Raoul Darmon s'appuie sur une chronique judiciaire  relatant un arbitrage signé à Livourne entre un impresario et une troupe  d'acteurs en conflit après une  saison passée en Tunisie. En outre, dans sa thèse magistrale "Un demi siècle de théâtre arabe en Tunisie" (1974), Hamadi Ben Halima signale l'existence  depuis 1842 d'un théâtre à la rue Zarkoun. Le théâtre Tapia (du nom de son promoteur) deviendra en 1860 le Théâtre Carthaginois. Cet ancêtre des théâtres tunisiens avait ainsi accueilli des œuvres comme "Ruy Blas" ou "La Traviata".

De nombreux autres théâtres verront le jour à  cette époque dans plusieurs quartiers de Tunis. Citons par exemple le Théâtre Tanugi (1875), le Théâtre Brûlat (1883), l'Arena (1884), le Paradiso (1885) et plusieurs autres salles qui étaient généralement construites en bois et qui seront victimes d'incendies.

C'est en novembre 1902 que naîtra le Théâtre municipal de Tunis, puis en mars 1903 le Théâtre Rossini. Ce sont les deux seules salles de spectacle qui existent encore de nos jours. Si le Rossini est devenu le cinéma Palace, la Bonbonnière, elle, continue à accueillir des œuvres théâtrales.

 

Premières initiatives

Dès lors, peut-on précisément dater la naissance du théâtre en Tunisie? En effet, l'on pourrait considérer la lointaine tradition  antique, la naissance des premiers théâtres au dix-neuvième siècle. Les premières représentations de compagnies européennes et même les premiers pas d'amateurs tunisiens au sein de troupes italiennes ou françaises créées en Tunisie. C'est toutefois le choix du 26 mai 1909 comme date fédératrice qui a été choisie pour célébrer le centenaire du théâtre tunisien.

Cette date symbolique est, en effet, celle de la montée sur les planches, il y a un siècle, des premiers comédiens tunisiens s'exprimant  en langue arabe. Cet important fait culturel  que nous venons de commémorer obéit à une chronologie qui se déploie de 1907 à 1910. Plusieurs étapes ont en effet précédé et suivi cette montée sur les planches de comédiens tunisiens appelée désormais à être célébrée chaque année durant une journée du théâtre.

Une première initiative constitue le socle de la naissance du théâtre en langue arabe en Tunisie. Il s'agit d'un projet municipal discuté en conseil qui recommandait l'organisation  de représentations en langue arabe sur la scène du Théâtre de la ville. Faite le 21 janvier  1907, cette proposition fut adoptée et c'est ainsi que le journal "Assawab" annonçait le 22 février 1907 qu'une troupe égyptienne arriverait bientôt en Tunisie pour se produire sur la scène du théâtre municipal. Comme nous le verrons, cette compagnie égyptienne ne viendra qu'en septembre  1908.

La première véritable étincelle viendra en 1908 et prendra la forme d'une troupe locale nommée "Ennejma" qui constitue l'ancêtre de toutes les compagnies tunisiennes. Cette tentative  était due à deux jeunes Tunisiens qui travaillaient  au Consulat d'Italie. Mohamed Ben Torkia et Hédi  Larnaout, avec le soutien de leur employeur et probablement de la ville de Tunis, créèrent  la troupe Ennejma avec quelques amis parmi lesquels Mohamed Bourguiba, Mahmoud et Ahmed Boulaymane, Sassi et Mohamed Hajjam et Slimane Sahraoui.

Cette troupe a choisi de créer "Othello" d'après Shakespeare et commença les répétitions. Le choix d'Othello" s'explique pour deux raisons: d'abord, le héros est maghrébin, ensuite , cette œuvre avait souvent été donnée à Tunis par des compagnies européennes de passage.

Toutefois, cette création ne sera jamais représentée. Malgré un cycle de répétitions suivi, la troupe succomba en septembre 1908. Pourquoi? La raison  en est simple: l'arrivée de la troupe égyptienne invitée par la municipalité se produisit à ce moment. Dès lors, cette initiative tunisienne n'avait plus lieu d'être. Cette dissolution ad hoc d' "Ennejma" nous incite à penser que cette compagnie avait été une solution pour pallier au "forfait" des Egyptiens invités et que devant l'arrivée de ces derniers, la ville de Tunis avait laissé tomber ce plan B, né de l'initiative des jeunes et courageux mordus de théâtre.

De toutes les manières, la première graine était plantée... Et, les comédiens d'Ennejma n'allaient pas tarder à resurgir ...

 

Influences égyptiennes

C'est en septembre 1908 que "Al Komidia Al Misriya" débarqua en Tunisie. Dirigée par Abdelkader Al Misri, cette compagnie allait se produire le 25 septembre 1908 à 20h sur les planches du théâtre municipal. Pour la première fois, une scène tunisienne accueillait un spectacle en langue arabe. Une seconde représentation aura lieu deux jours après puis la troupe s'installera au café Khraief , au quartier du Passage pour quelques semaines. Il faut souligner que ce mois de septembre coincidait avec le Ramadan et que le succès public de ces premiers spectacles fut total. Vint alors l'heure du départ: la compagnie égyptienne quitta la Tunisie mais certains de ses membres resteront dans notre pays qu'ils ne quitteront plus.

Parmi eux, Hassen Bannan et Morsi Baraket qui joueront eux aussi un rôle dans la genèse  du théâtre tunisien.

Après "Al Komidia El Misriya", une autre troupe égyptienne allait arriver en Tunisie en novembre 1908. Il s'agit du "jawq" théâtre de Souleymane Qardahi, venu d'Alexandrie avec une trentaine de comédiens. Cette compagnie était réputée à un double titre. D'abord, Qardahi était considéré comme le père du théâtre arabe  en Egypte. Avec Salama Hijazi, il constituait l'avant-garde théâtrale de l'époque. Ensuite, la troupe de Qardahi avait un répertoire très varié et se produisit partout au Machreq, d'où  une grande image  de marque.

Avant de jouer dans la capitale, la troupe de Qardahi entame une tournée  dans les régions. Une représentation de "Salaheddine El Ayoubi" eut lieu le 11 décembre à Sousse. La ville de Sfax accueilla également la compagnie. Ces deux villes disposaient de théâtres  flambant neufs alors que toutes les cités  tunisiennes bâtissaient leurs temples pour le septième art.

C'est le 12 janvier 1909 que Qardahi commença ses représentations au Théâtre Rossini de Tunis. Il jouera plusieurs pièces de répertoire sur ces planches parmi lesquelles "Hamlet", "Hernani", "Othello", "Le Cid" et bien sûr "Salaheddine El Ayoubi". Le succès fut total. Les représentations se poursuivirent en février avec  "Aïda" de Antonio Ghislandoni avec la musique de Verdi qui avait été jouée en 1869 pour l'inauguration de l'Opera du Caire. Le "Jawq" repartit ensuite en tournée pour Bizerte et Kairouan avant de revenir à Tunis. Ce fut un trimestre très chargé pour cette compagnie , également invitée  en Algérie où elle passera quelques semaines.

Entre-temps, le public tunisien avait eu l'occasion de découvrir le talent des acteurs égyptiens de la troupe comme Ahmed Afifi, Mustapha Amin, Mohamed Fahmi et les actrices comme Jamila ou  Victoria. Un événement malheureux allait toutefois intervenir: le 5 mai 1909 Souleymane Qardahi décéda. Il sera enterré au cimetière Borgel à Tunis. Qu'allait-il advenir de sa troupe?

 

Premiers pas sur scène

Très rapidement, toujours durant ce mois de mai 1909, une nouvelle compagnie théâtrale allait voir le jour. Il s'agit du "Jawq al tounisi al misri", une troupe  tuniso-égyptienne formée par certains comédiens de l'équipe de Qardahi qui choisiront de rester en Tunisie et les éléments tunisiens qui avaient fondé "Ennejma" en 1908 et qui attendaient toujours leur heure.

Vingt jours seulement après la mort de Qardahi, cette troupe allait donner sur la scène du Rossini, la pièce "Sidk el ikha" un drame en cinq actes. C'était le 26 mai 1909 et pour la première fois, des comédiens tunisiens foulaient les planches en public. Mohamed Bourguiba, Hédi Larnaout, Ahmed Boulaymane seront ses acteurs, ceux dont la mémoire est célébrée aujourd'hui, un siècle plus tard.

A leurs côtés, les Egyptiens étaient nombreux à leur donner la réplique. Ceux qui avaient choisi de rester  en Tunisie pour y poursuivre leur carrière se nommaient Ahmed Afifi, Ahmed Sharabiya, Mustapha Sirri et plusieurs comédiennes comme Leyla , Latifa, Emilie ou Julia.

Slimane Sahraoui rejoint la troupe pour la seconde création, rapidement intervenue. Cette fois, c'était au tour de "Antara" d'enrichir le répertoire de la troupe. Toutefois, une crise allait bientôt intervenir : deux acteurs égyptiens allaient se retirer. En conséquence, Ahmed Afifi dut partir en Egypte. Pour les faire remplacer, il reviendra en juillet avec une autre troupe égyptienne, celle de Ibrahim Hijazi.

Du coup, le jawq tuniso-égyptien se disloqua . Sept mois plus tard, il sera reconstitué avec quelques rescapés de la troupe de Qardahi et de nouveaux acteurs tunisiens réunis par Slimane Sahraoui.

Ces nouveaux aspirants comédiens avaient pour nom Abdelhamid Tammar, Mohamed Ben Amor, Mohamed Khiari et Brahim Akoudi qui, plus tard , deviendra l'un des éléments  moteurs du théâtre tunisien.

Née en 1908, cette deuxième mouture  de la compagnie tuniso-égyptienne allait entreprendre une tournée à l'intérieur du pays, surtout dans le Sahel. De retour à Tunis, les artistes s'installèrent dans un café de Halfaouine. Mais peu à peu, la troupe s'essoufflera et finira  par disparaître durant l'été 1910. C'est à cette date que les derniers comédiens égyptiens quitteraient le sol tunisien.

 

Un nouveau chapitre

Une longue parenthèse se refermait . Un autre chapitre de l'histoire du théâtre tunisien avait commencé avec la venue en juillet 1909 de  la troupe d'Ibrahim Hijazi qui commença ses représentations au Municipal, joua ensuite au Casino de la Goulette avant de s'installer en septembre 1909 au Rossini.

Cette troupe comprenait dans ses rangs  Ahmed Afifi, devenu le transfuge de toutes les  premières initiatives théâtrales en Tunisie. Il avait été rejoint par Ahmed Bouleymane alors que Bourguiba et Larnaout avaient préféré s'effacer.

Après une tournée à l'intérieur du pays, cette troupe poursuivit ses activités jusqu'au mois de décembre 1909 avant de s'éclipser. Une autre troupe égyptienne se produira en Tunisie en cette année 1909. Il s'agit  de "Al jawq al foukahi el misri" (le jawq comique égyptien) qui, installée au Café Khraief, allait se faire connaître avec des parodies  de pièces "sérieuses". Dirigée par Mohamed  Maghribi (également connu sous le sobriquet Kamil Effendi), cette compagnie s'est produite à Tunis en septembre 1909 montrant quelques vaudevilles, avant de retourner un mois plus tard en Egypte.

Avec le départ de ce dernier jawq ainsi que celui de Ibrahim Hijazi, avec la dislocation de ce qui avait survécu du jawq tuniso-égyptien, cette première page de l'histoire du théâtre  tunisien allait être tournée.

Désormais, la porte était ouverte sur l'avenir . Après le projet avorté d'Ennejma, les premières grandes compagnies tunisiennes allaient bientôt voir le jour. Dès 1911, naîtront deux troupes qui allaient structurer  le paysage théâtral durant toute la décennie: "Al Adab" (1911-1922) et "Al Shahama" (1912-1922). Avec elles, le  quatrième art trouvera sa vitesse de croisière et ouvrira grandes les perspectives de lendemains qui chantent.

Ayant permis de débroussailler ce contexte des premiers pas du théâtre tunisien, cette rencontre accueillie par le Centre culturel international de Hammamet intervenait en clôture du cycle des débats littéraires et s'inscrivait dans le cadre des commémorations du Centenaire du théâtre tunisien.

Hatem NOUREDDINE (ici)

 

 


 

 

 

 

Ahmed Bouleymane (suite et fin)-Le doyen du mouvement théâtral en Tunisie En 1921, a été mise sur pied la Troupe du théâtre arabe. Georges Abiodh en assura la direction artistique et accorda un intérêt particulier à Ahmed Bouleymane auquel il lui confia les rôles humoristiques, compte tenu du personnage, léger, souriant et haut en couleur.

 

Ahmed Bouleymane interpréta ainsi «Meïmoun» dans (Béït Al Maqdass) de Mandy, dans Al borj al haïel ou «la Tour gigantesque» de Yacoub, dans Al yatimatéïn, ou «Les deux orphelines», le rôle du berger dans (Œdipe Roi), Debrangée dans «Le cardinal Richelieu», de Salomon dans Charles VI, de l’oncle de Nasser dans «Aïda», de Khalifa le chasseur dans «Haroun Errachid» et d’«Al Fadhel» dans Ons al jaliss (La gaieté du compagnon).

 

Comédien, costumier et décorateur

En 1924, le déjà homme de théâtre confirmé fut engagé sous contrat par M. Ben Kamla au sein du théâtre Kamélien en tant que comédien, costumier et décorateur. Il choisissait lui-même les textes à jouer.

 

De la sorte, durant quatre bonnes années, Bouleymane était la cheville ouvrière et l’homme à tout faire du théâtre d’Ali Ben Kamla.

 

En 1928, il partit pour Berlin au sein d’une délégation de troupe musicale comprenant les plus grands musiciens et chanteurs dont Khemaïes Ternane, Fadhila Khetmi et Mohamed Agrebi.

 

Tout ce beau monde avait pour guide de route Béchir Ressaïssi qui allait enregistrer des disques pour le compte de la maison Baïdaphone.

 

Ahmed Bouleymane enregistra près de 54 disques, monologues théâtraux à vocation critique où il épinglait les mauvaises coutumes nées de l’amalgame entre plusieurs populations de différentes origines dans la société tunisienne.

 

Notre monologiste cherchait à épurer la population des pratiques les plus condamnables afin d’en faire une société vertueuse.

 

De retour de Berlin et dans sa quête de nouvelles découvertes, en parfait nomade du 4e art, il renforça la troupe «Al Mostakbal attemthili» (L’avenir théâtral), concevant et confectionnant les costumes pour la pièce Annisr essaghir (L’aiglon).

 

Bouleymane poursuivit dans les années 30 sa collaboration sans frontières, préparant les costumes pratiquement pour toutes les troupes de la place.

 

Entre deux

Dès la fondation «d’Al Ittihad Al Masrahi» (l’Union théâtrale), en 1936, Ahmed Bouleymane le rejoignit, participant à ses représentations, notamment à celles à vocation humoristique et comique.

 

A l’âge de maturité, il écrivit plusieurs textes en arabe dialectal et puisa dans les «Mille et Une Nuits» plusieurs travaux inspirés de cette œuvre universelle et éternelle.

 

Il traduisit également du français au dialecte tunisien quelques travaux réussis, tels que Sit Al Boudour, «Al icha attaïba» (La bonne compagnie), Am Othman Attayès, Ismaïl El Mechhah (Ismaïl le radin), Messaoud Al Hattab (Messaoud le bûcheron), Sou tafahem(Un malentendu), Aâmel telqa (Qui sème récolte) et Touba wa chaâfa.

 

Bouleymane entreprit également de traduire des œuvres de Molière en arabe dialectal pour les besoins de Radio-Tunis.

 

En 1941, à la naissance de la troupe «Al Kawkeb Attamthili» (l’Astre Théâtral), le directeur de celle-ci, Mohamed Lahbib, invita Ahmed Bouleymane à rejoindre ses rangs.

 

Notre bonhomme dut ainsi partager ses activités entre «Al Ittihad Al Masrahi» et «Al Kawkeb Attamthili».

 

En 1948, il collabora à «Al Kawkeb Attamthili», tout en prêtant son concours à «Jamîat Touness Al Masrahia» de Si Béchir Methenni. Au sein de ces deux pôles théâtraux, il se limitait à concevoir et à confectionner les costumes, mais on le voyait quelquefois monter sur scène.

 

L’association du théâtre et du cinéma

Un an plus tard, Ahmed Bouleymane, Béchir Rahal, Taoufik Boughedir (père de notre cinéaste Férid Boughedir), Salah Zouaoui, l’artiste Rouhia et le grand violoniste et compositeur Kaddour Srarfi fondèrent une association culturelle qu’ils appelèrent l’«Association nationale du théâtre et du cinéma».

 

La présidence a été attribuée au kaïdoum du théâtre tunisien, Ahmed Bouleymane, et son objectif était de transformer les œuvres théâtrales en ouvrages cinématographiques.

 

Cette association présenta la pièce Dhiddène (Les antipodes) de Mohamed Marzouki.

 

Faute de moyens, cette expérience disparut très vite.

 

Bouleymane allait dès lors consacrer toute sa généreuse énergie à servir toutes les troupes créées en 1949 : «Ansar Al Masrah», la Troupe du Club Africain, «Jamaïet Noujoum El Fen» et bien d’autres exerçant à Tunis ou à l’intérieur du pays.

 

L’usure

En 1953, Hamadi Jaziri invita Ahmed Bouleymane à collaborer avec la Troupe de la Ville de Tunis qu’il dirigeait.

 

Il travailla ensuite au sein de «Ferqat Al Masrah Achaâbi» (Troupe du théâtre populaire).

Dès l’aube de l’Indépendance, il fut recruté pour confectionner les costumes de la Troupe de la Ville de Tunis.

 

A l’arrivée d’Aly Ben Ayed, comme directeur de la TVT, il prit congé de celle-ci, se sentant usé par six bonnes décennies de loyaux services rendus au théâtre national.

 

De temps en temps, on voyait du côté du TVT la familière silhouette d’Ahmed Bouleymane rendre visite à la troupe et s’enquérir des dernières créations.

 

Ahmed Bouleymane termina sa vie dans la totale sollicitude de la mairie de Tunis et a été décoré des insignes du mérite culturel.

 

Ahmed Bouleymane nous quitta le 3 avril 1976, laissant le souvenir d’un pilier du 4e art dans notre pays et d’un fin et sympathique personnage apprécié et chéri de tous.

 

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