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L’Imprimerie Finzi, première imprimerie privée de Tunisie, fondée en 1829

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Elia Finzi n’est plusUn précurseur de l’imprimerie

 

Le décès du précurseur de l’imprimerie en Tunisie, Elia Finzi (1923-2012), à un âge relativement avancé et qui survient quelques jours après celui de Mahmoud Chemmam, un grand monsieur qui a consacré sa vie à promouvoir la tolérance par le biais d’un Islam débarrassé des scories et des relents de l’ignorance, vient nous rappeler, non sans amertume, que même les grands esprits ne sont pas éternels et que tout ce qui vit doit, un jour ou l’autre, disparaître.

L’histoire de l’imprimerie se confond également avec celle des livres, des journaux et revues en Tunisie sur plus d’un siècle.  Les Finzi ont fait tous types de travaux administratifs, scientifiques, culturels, politiques, et ce, dans toutes les langues, puisqu’ils ont travaillé avec les caractères arabes, latins, hébraïques et même cyrilliques.

Depuis l’époque de Giulio Finzi, l’arrière-grand-père, les ouvriers étaient recrutés parmi les composantes ethniques et religieuses du pays. Maltais, Italiens, Tunisiens musulmans et juifs travaillaient dans un esprit de fraternité, chacun apprenait de l’autre sans aucune forme de discrimination. L’imprimerie Finzi a formé des générations d’imprimeurs tunisiens et même de grands imprimeurs de la place sont passés par là.

L’indépendance s’inscrivait dans une sorte de continuité puisque l’imprimerie a déjà redémarré depuis 1949, mais de nouveaux projets virent le jour dans ce nouveau contexte et dont le principal fut le lancement du journal des Italiens de Tunisie : «Il Corriere di Tunisi». Ce journal fêtera bientôt son soixantième anniversaire.

Aujourd’hui, la Tunisie dispose dans le domaine de l’imprimerie de structure de haut niveau technique, capable de soutenir avec succès la rivalité avec l’Europe. L’entreprise  travaille pour le marché européen (Suisse, Italie, France). Même avec l’ouverture des frontières économiques et douanières avec l’Europe, le secteur de l’imprimerie restera compétitif et nous pourrons tenir le coup devant la concurrence rude qui va s’installer.

L’expérience personnelle d’Elia Finzi lui a appris la plus précieuse des qualités : la modestie. Son père lui a inculqué le métier en commençant à balayer le parterre et nettoyer les machines, ensuite à composer et à imprimer jusqu’à la maîtrise entière du métier, ce qui l’a promu à la direction de l’entreprise.

L’amour de son travail est le secret du succès et la clé du bonheur. Le métier qu’il exerce avec passion exige énormément de sacrifices. Fort heureusement a pris la relève, avec une imprimerie beaucoup plus moderne, sa fille, Silvia Finzi, professeur de civilisation à la section d’italien à la faculté de La Manouba, contribue à la rédaction et à la confection d’«Il Corriere di Tunisi». Elia Finzi estime, quand il publie un beau livre ou quand il édite un journal, qu’il contribue par cet acte à renforcer l’édifice et la convivialité tuniso-italienne, de telle sorte que la fraternité devienne la devise des gens.

La Presse

http://www.lapresse.tn/24102012/57205/un-precurseur-de-limprimerie.html


 

« Nous n’avons pas un rond puisqu’il n’y a pratiquement pas de publicité ni d’aide d’aucun genre », constate amèrement de Silvia Finzi, vice-directrice du Corriere di Tunisi. « La présidence du Conseil [italien] nous donne quelques milliers d’euros, avec des années de retard. Mais ça ne paie même pas un salaire », explique-t-elle. En d’autres termes, « ils s’en foutent ».

Le Corriere di Tunisi fait le pont entre la communauté italienne de Tunis et l’Italie. Dans les années 1950, près de 100 000 Transalpins vivent en Tunisie. « Entre 1838 et 1940, il y a près de 120 titres de journaux italiens publiés en Tunisie », raconte Silvia Finzi, également collaboratrice à la rubrique culture du seul journal en langue italienne que l’on trouve aujourd’hui en Tunisie. Le vent tourne en 1940. Le protectorat français interdit les publications italiennes : « Toute activité dans le domaine de l’information est strictement contrôlée et interdite […] De 1940 à 1956, il n’y a plus de publication en langue italienne puisque les autorités du protectorat ne permettent pas de publier. »

En 1943, fin de la Seconde guerre mondiale en Tunisie, « beaucoup [d’Italiens] sont expulsés par le Protectorat français et on assiste à une diminution importante de la communauté. Les autorités punissent les Italiens d’avoir été du mauvais côté », commente-t-elle.

Défendre les droits des Italiens

Dans ce contexte naît Il Corriere di Tunisi. Il est lancé par une poignée d’hommes, dont Elia Finzi, l’actuel directeur, père de Silvia. Giulio Barresi, président de la Ligue italienne des droits de l’Homme pendant le fascisme, prend part à l’aventure. En mars 1956, au moment de l’indépendance tunisienne, le premier numéro du Corriere di Tunisi est imprimé. Il paraît sans discontinuer depuis.

« Le journal demande aux gens de rester et de collaborer à la construction de ce pays », raconte Silvia Finzi. Un « vœu pieux », parce qu’en 1964 « on passe de 80 000 à environ 20 000 [Italiens]. Il y a un exode. Ils ont d’ailleurs le statut de profughi [réfugiés] », explique celle qui est aussi professeure de civilisation italienne. Des lois restrictives entrent en vigueur, pour favoriser la main d’œuvre nationale.

A l’origine, le Corriere di Tunisi défend les droits des Italiens, surtout ceux des réfugiés. Dans les années 1980, il change de ligne éditoriale pour s’intéresser davantage à la culture et aux « phénomènes migratoires en général ».

« Nous évitions de traiter des arguments politiques »

Le journal n’a jamais interrompu sa publication, y compris sous l’ère Ben Ali, avec une certaine forme d’omerta : « Il fallait qu’on fasse l’impasse sur ce qui se passait localement, si ce n’était d’un point de vue culturel », narre Silvia Finzi. Et d’ajouter : « Nous évitions de traiter des arguments politiques. Pour nous, la Tunisie c’était en rapport avec les relations avec l’Italie. Pour la politique, on faisait une espèce de résumé officiel repris des journaux tunisiens […] Autrement on fermait, faut savoir ce qu’on veut. » Depuis la Révolution, « on parle davantage de la Tunisie », souligne-t-elle.

Devenu un bimensuel qui tire à 3 000 exemplaires, « il fonctionne par rubrique et aimerait s’ouvrir à des problématiques qui dépassent les discussions communautaires, parce qu’il y a des Italiens maintenant, mais plus une communauté au vrai sens du terme ». Il s’adresse « à la fois aux Italiens de Tunisie et aux Italiens en général puisqu’il y a quand même beaucoup de mouvement à la fois dans le secteur commercial, industriel et culturel ».

Sa rédaction est composée de deux journalistes, dont Mafalda Posco, « l’âme du journal.  C’est surtout Mafalda qui fait le journal », sourie-t-elle. Il dispose d’un site internet géré depuis l’Italie. Les rubriques – politique, culture, musique, école et université, sport… – sont alimentées par des collaborateurs externes permanents. « Il est certain que, s’il y avait trois à quatre personnes à la rédaction, ce serait autre chose », regrette-t-elle.

Un problème de distribution

L’absence de moyens implique que le bimensuel soit disponible uniquement par abonnement : « On a essayé de le mettre en kiosques mais c’est très compliqué. Il faudrait que quelqu’un s’occupe de la distribution, nous n’avons pas les structures pour le faire. Ou alors, il faudrait payer un distributeur mais ça nous coûte[rait] trop cher. »

La famille Finzi ne se résume pas au Corriere di Tunisi. Emigrée d’Italie en 1821, ils fondent la première imprimerie privée du pays en 1829, toujours en activité. « Il est certain que c’est l’imprimerie qui permet au journal de vivre. Ce n’est pas le contraire. » Mais jusqu’à quand tiendra-t-il ?

Laurent DI-NARDO DI-MAIO

http://www.medinapart.com/2012/03/13/la-voix-de-l%E2%80%99italie-en-tunisie-dans-l%E2%80%99impasse/


voir également

http://www.finzi-usines.com/site/index.html


Elia Finzi, l’imprimeur de père en fils

Nous l’avons rencontré chez lui par une soirée ramadanesque. Il nous a reçu aimablement avec sa femme, et autour d’un thé chaud nous avons ouvert l’entretien sur une histoire particulière, celle d’Elie, de sa famille, de la célèbre imprimerie qui porte ce nom et qui est devenue si familière aux tunisois. «J’appartiens à la quatrième génération des Finzi, je suis né en Tunisie, mon père et mon grand père aussi, mes enfants sont tunisiens et mes petits enfants aussi ». L’arrivée de mon arrière grand père de Livourne à Tunis, Julio Finzi remonte à l’année 1829. Il avait 25 ans lorsqu’il débarqua à Tunis comme réfugié politique, et comme beaucoup de jeunes de son temps il était un fervent militant l’unité de l’Italie pour acquis aux idées laïques et révolutionnaires de Mazzini et de Garibaldi

A ce moment là, il y’avait un certain nombre de réfugiés politiques italiens en plus des négociants et des médecins et cet arrière grand-père était en quelque sorte l’agent de liaison entre le groupe des réfugiés politiques et le gouvernement beylical. A Tunis, où il a élu domicile après avoir été rejoint par les siens, il a fondé une famille nombreuse, plusieurs sont rentrés plus tard en Italie et notre lignée est restée pour y faire souche.


Précurseurs de l’imprimerie en Tunisie.

Avec ses idées, mon arrière grand-père est venu avec son métier et ses projets dont l’imprimerie, la première à ma connaissance installée à Tunis, puisqu’elle date de l’année 1829 même. Les premiers ateliers qui abritaient les machines se situaient à l’intérieur de la Médina, au Palace Gnecco, situé dans l’actuelle rue de la Commission, là où a séjourné quelques années plus tard Guseppe Garibaldi L’ère de l’imprimerie moderne à Tunis fut donc inaugurée par des machines qui fonctionnaient à la main,

mais qui allaient être relayées par des machines de plus en plus modernes et sophistiquées  au fil du temps.

Quant à mon grand père, Vittorio, fils de Julio, il est né vers 1850 à Tunis (mort en 1919 à Tunis) il a repris les activités hérités de son père : Libraire, relieur et imprimeur. A ses débuts, il a travaillé en étroite relation avec La Sardaigne puisqu’il y envoyait les travaux d’impression, car à Tunis, la typographie n’était pas encore autorisée et il faut attendre l’année 1879 pour qu’un décret beylical autorise officiellement l’ouverture de notre première imprimerie à Tunis. C’est ainsi que nous sommes passés de la lithographie à la typographie

.

Mon père, est né en 1883 et c’est lui qui a ouvert l’imprimerie qui existe jusqu’à aujourd’hui à la Rue de

Russie en 1913. C’est à lui que revient le mérite d’avoir introduit dès 1905 la première machine linotype en Tunisie, c’était une véritable révolution technologique dans l’impression,  on tapait sur un clavier et le texte

http://www.ilcorriereditunisi.it/public/media/Corr%20_05_elia.pdf

 

Mis à jour ( Mercredi, 31 Octobre 2012 17:45 )  

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