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Dans la nuit du 6-7 mai 2009 Mabrouka Mimouni une femme tunisienne se pend au CIE (rétention) de Rome

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ROME, PONTE GALLERIA, 6 - 9 MAI 2009

 

 

 

Dans la nuit du 6 au 7 mai Mabruka, une femme tunisienne s’est pendue. Elle avait 49 ans, un mari et un fils. Pendant plus de 20 ans elle a vécu et travaillé en Italie.

Deux semaines auparavant, la police l’avait arrêtée alors qu’elle faisait la queue devant la préfecture pour renouveler son permis de séjour. Comme elle était momentanément sans travail, elle a été enfermée au CIE de Ponte Galleria, géré par la Croix Rouge. La veille, elle avait appris que son expulsion était imminente.

Depuis que son corps a été trouvé, les détenus du centre, choqués et en colère, ont entamé une grève de la faim. Une manifestation réunissant environ 300 personnes, majoritairement des immigrés, a eu lieu à Rome pour dénoncer ce suicide d’état (traduction littérale) et l’existence des centres de rétention. La manifestation s’est rendu au siège de la Croix Rouge dont les manifestants ont dénoncé la complicité avec l’Etat pour enfermer les étrangers..

Dimanche 9, une autre manifestation a eu lieu devant le CIE. Le centre a pu être approché de très près, la zone militaire entourant le centre qui est normalement interdite, ayant pu être envahie par les manifestants qui ont été vus (fumigènes) et entendus (cris) par les prisonniers qui ont répondu bruyamment à cette manifestation de solidarité. Les retenus, ont été joints par téléphone et leurs témoignages retransmis en direct aux manifestants.

http://www.non-fides.fr/?Histoires-de-revoltes-dans-les


 

http://marginaliavincenzaperilli.blogspot.com/2009/10/nous-nous-ne-sommes-pas-complices.html


 

Italie : nouveaux drames dans les centres de rétention

Après la déconfiture de début avril qui a rejeté le passage de la durée de rétention de 2 à 6 mois, cette mesure est en passe d’être nouveau votée avec quelques autres propositions parmi lesquelles (je cite en vrac) :

- amendes de 5000 à 10 000€ pour séjour irrégulier

- impossibilité pour les étrangers sans papiers et sans passeport de reconnaitre leurs enfants (les rendant par là même adoptables apparemment !)

- Criminalisation des gens qui louent à des sans-papiers

Suicide d’une femme en rétention à Rome

Dans la nuit du 6 au 7 mai, au CIE (Centre d’identification et d’expulsion) Ponte Galeria de Rome : Mabruka, une femme tunisienne s’est pendue. Elle avait 49 ans, un mari et un enfant et vivait en Italie depuis très longtemps Depuis que son corps a été trouvé, les détenus du centre, choqués et en colère, ont entamé une grève de la faim.

Une manifestation constituée majoritairement par des immigrés, a eu lieu samedi à Rome pour dénoncer ce suicide d’état (traduction littérale) et l’existence des centres de rétention. La manifestation s’est rendu au siège de la Croix rouge, organisme gestionnaire du CIE de Ponte galleria dont les manifestants ont dénoncé la complicité avec l’Etat pour enfermer les étrangers..

Dimanche, une autre manifestation a eu lieu devant le centre de rétention de Ponte galleria. Le centre a pu être approché de très près, la zone militaire entourant le centre qui est normalement interdire ayant pu être envahie par les manifestants qui ont été vus (fumigènes) et entendus (cris) par les prisonniers qui ont répondu bruyamment à cette manifestation de solidarité. Les retenus, ont été joints par téléphone et leurs témoignages retransmis en direct aux manifestants.

http://www.hns-info.org/spip.php?article18612

 


 

 

Italie: Mabruka a préféré la mort

7 mai 2009 | En Italie

Cette nuit, au CIE (Centre d’identification et d’expulsion) Ponte Galeria de Rome, Mabruka s’est pendue.

Elle avait 49 ans, un mari et un fils.

Pendant plus de 20 ans elle a vécu et travaillé en Italie.

Il y deux semaines, la police l’a arrêtée alors qu’elle faisait la queue devant la préfecture pour renouveler son permis de séjour. Comme elle était momentanément sans travail, elle a été enfermée au CIE, un « lager » géré par la Croix Rouge qui, de côté-là des Alpes, collabore allègrement avec le pouvoir.

Hier, elle a appris que son expulsion était imminente.

Depuis que son corps a été trouvé, les détenus du centre, choqués et en colère, ont entamé une grève de la faim.

Ils protestent contre leurs conditions de détention, inhumaines, contre les mauvais traitements, contre les expulsions.

Pendant ce temps là, Roberto Maroni, le ministre de l’intérieur issu de Lega Nord, pavoise, la Libye a enfin accepté de reprendre des clandestins recueillis par la marine italienne. Le ministre de l’anti immigration, a salué «une journée historique dans la lutte contre l’immigration clandestine».

Les organisations de défense des droits de l’homme ont immédiatement et vivement réagi.

L’article 33 de la Convention de Genève et l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme interdisent les refoulements « sommaires » maritimes et la Libye qui n’a pas signé la Convention de 1951 sur les réfugiés n’a pas de système d’asile en état de fonctionnement.

Quant à l’infâme “pacchetto sicurezza” (paquet sécurité), il suit paisiblement son cours proposant entre autres le délit de clandestinité et six mois de détention pour les migrants clandestins.

« Expulsions ! Expulsions! » scandent les « bravi Italiani »

A Milan, la Lega Nord, qui aujourd’hui semble tirer les ficelles du pouvoir, a demandé des wagons de métro séparés pour les étrangers.

“Je refuse de considérer la mort de Mabruka comme un acte de désespoir, c’est nous qui devons être désespérés de n’avoir pas pu empêcher son suicide. Le geste de Mabruka est un geste politique. Un geste politique qui hurle. Et nous devons hurler nous aussi » Vincenza

A' lire aussi:

1. Italie : La Maison Internationale des Femmes

2. Italie, France, une même culture dominante

3. Italie, le gouvernement recule

4. Italie : Ylenia, morte d’être clandestine

(ici)


 

Vivre libre ou mourir. Per Nabruka, suicida in un Cie di Roma

(ici)


Être migrant, sans papiers, te prive du droit de choisir où vivre et mourir

Mabruka Mimouni : des paroles urgentes qui n’ont pas été écoutées

Mabruka Mimouni, tunisienne de 44 ans, qui vivait en Italie depuis 20 ans sans papiers,

s’est suicidée dans le Centre d’Identification et d’Expulsion pour  Migrants  « Ponte Galeria » de Rome,

le jour où elle devait être transférée  en Tunisie. Voici l’histoire d’une tragédie qui aurait pu être évitée.

Tiziana Perna. Photos : Simona Granati. Traduction : Michèle Blossier

C’était le 24 avril, il y a un an. Tu étais dans

la i le d’attente, devant le commissariat,

comme tant d’autres, les papiers à la main.

Tu avais les mains moites, mais tu attendais,

légère et pleine d’espoir, tu savais que tu y

étais presque arrivée. Tu avais un travail, pas

beaucoup d’heures et pas beaucoup d’argent,

mais un travail, et cela sui  sait pour obtenir

un permis de séjour, un bout de papier, un

précieux petit bout de papier. Un bout de

papier où était écrit, noir sur blanc, que toi

aussi tu avais droit à un petit bout d’espace

sur cette terre et sous ce ciel.

Ils ont tout vérifié à ton sujet, tes années

passées en Italie, les cinq années de prison,

de la première jusqu’à la dernière. Ils sont

tombés sur un décret d’expulsion datant

de 2001. Personne ne t’a demandé ce que

tu faisais maintenant, ce que tu avais fait

durant ces dernières années, la fatigue

et la force qu’il te fallait pour te mettre

debout et pour te prouver à toi-même,

ainsi qu’aux autres  que tu pouvais le faire,

que tu voulais vivre en paix, modestement

en paix. Tu possédais, en toi, des paroles

urgentes et nécessaires. Tu n’as pas trouvé

d’oreilles, ni d’entendements prêts à recevoir ces paroles.

Tu n’as pas compris tout de suite ce qu’il

t’arrivait, tu as juste compris que quelque

chose ne marchait pas comme tu l’avais

imaginé, qu’ils étaient en train de t’emmener hors de là, que personne ne te donnait

le précieux bout de papier qui t’autorisait

à exister. Personne ne te disait quoique ce

soit. Ils t’ont mise dans une autre pièce. Ta

respiration se faisait plus courte, ton cœur

battait plus vite. Tu as espéré, jusqu’au dernier moment que cela ne t’arrive pas à toi,

que quelqu’un vienne  et te dise qu’on s’était

trompé, que tu allais avoir le bout de papier.

Mais la porte est restée fermée jusqu’à ce

que l’on t’emmène hors de là.

Tu es arrivée à Ponte Galeria, et là, tu avais

tout compris : qu’il était inutile de  continuer

à espérer, que tu étais seule et que tu le resterais et que tes paroles urgentes et nécessaires

n’avaient plus aucun sens, même pour toi.

Toi-même tu ne croyais plus à tes paroles,

il te semblait les avoir sorties du néant. Elle

n’existait plus la Mabruka qui nettoie les

jardins, qui rentre chez elle et se prépare à

dîner, qui fait ses courses au supermarché,

qui regarde la télé, qui prend le métro. Il ne

reste que cette Mabruka, ici, enfermée dans

un fourgon blindé de la police, sans le bout

de papier, sans travail, sans maison, et avec

les paroles urgentes mortes dans sa bouche.

Tu as passé le 25 avril enfermée dans la

solitude de la cellule devenue immense, où

l’on t’enferme, non pour ce que tu as fait

mais pour ce que tu es, coupable d’exister.

Tu as dû te sentir comme ça, coupable d’être

née, d’avoir essayé de vivre. Personne ne t’a

libérée le 25 avril de l’année dernière. Un

matin à peine levée tu t’es retrouvée non pas

face à l’envahisseur mais face à un fonctionnaire de la Croix rouge  ou de la police, peu

importe, qui t’a annoncé que tu serais rapatriée. Tu n’as pas compris tout de suite. Tu

as dû penser : quelle patrie ? Toi qui depuis

20 ans vivais ici. Retourner où ? À qui dire

qu’il ne fallait pas que tu rentres, que  tu

n’avais ni maison ni famille en Tunisie ?

À qui raconter que justement si tu t’étais

échappée de ce pays depuis si longtemps

c’était pour avoir le droit de vivre ? Tu as dû

ressentir une immense solitude, toute seule

au milieu de murs énormes, de barreaux,

de lois et de tampons, de juges et surtout

au milieu de diligents gardiens de l’ordre.

Personne ne t’a accompagnée, comme pour

sentir que tu allais mourir. Tu leur as dit

que tu te tuerais s’ils t’envoyaient en Tunisie. Quelqu’un a même dit que c’était ton

problème.

Tes camarades de détention t’ont trouvée

pendue dans les toilettes de la cellule le

matin où tu devais être rapatriée, tirée vers

le bas par la force qui a brisé ton vol, qui l’a

fait prisonnier, t’interdisant d’être en  vie et

d’être enterrée sous la montagne…

Ton corps, sans plus de paroles urgentes,

a été envoyé en Tunisie. Même morte, ils

n’ont pas voulu de toi, ils n’ont même pas

voulu te concéder un petit bout d’espace

sous terre.

Adieu Mabruka, bella ciao.

http://desinformemonos.org/PDFTODOS/frances/10.pdf

Mis à jour ( Jeudi, 29 Novembre 2012 23:06 )  

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