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Mohamed Bach-Hamba (1881-1920)

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Mohammed Bach Hamba fut l'un des dirigeants du mouvement Jeunes Tunisiens avant 1914.

 

Mohamed Bach-Hamba est le frère d’Ali Bach-Hamba, chef du mouvement « Jeunes Tunisiens ». Il a milité, comme lui, pour la libération de sa patrie, assumant tout au long de son séjour à Genève la coordination entre les patriotes tunisiens et algériens immigrés en Europe. Il a notamment été l’un des principaux collaborateur de Chekib_Arslan .

Il a, en outre, fondé le « Comité algéro-tunisien pour la libération du Maghreb arabe » chargé de promouvoir l’action commune, ainsi que la « Revue du Maghreb » qui a remplacé le journal « Le Tunisien », interdit par le gouvernement du Protectorat.

En 1918, Mohamed Bach-Hamba a publié un mémoire sous le titre de « Le peuple Algéro-Tunisien et la France » (ouvrage publie a Genève en 1918) dans lequel il dénonce la politique dite de « participation » avec le protectorat et revendique avec force l’indépendance du peuple algéro-tunisien.

Mohamed Bach Hamba était convaincu qu’il fallait passait par la lutte armée contre la colonisation et proposait un programme de transformation radicale à savoir : l’indépendance totale, l’abolition de la royauté et la constitution d’un gouvernement désigné par une assemblée élue au suffrage universel. Pour ce faire il n’hésite pas en 1917 à mettre sur pied, en Turquie, une organisation chargée d’entrainer des soldats nord-africains en vue de la lutte armée, à partir du territoire Tripolitain, aidé en cela par les allemands et les turcs.

M. Bach Hamba mourut le 27 décembre 1920. Il a été enterré au cimetière de Hasenheide au sud-est de Berlin. Aujourd'hui selon le Prof Abdeljelil Temimi Mohamed Bach-Hamba est enterré dans un espace militaire proche de Borj Ali Raïs au Djellaz (voir ci dessous)

 

 

Prof. Abdeljelil Temimi : Message de transparence et de sincérité : Ma découverte du tombeau du grand réformateur et grand vizir Kheireddine Pacha

 

Il y a quarante deux ans de cela, je me souviens de cette fin d’année 1970, je quittais la France pour la Tunisie. A l’époque, feu Bahi Ladgham, Premier Ministre, m’avait procuré une bourse d’études du Premier Ministère afin de me préparer à l’administration des Archives nationales, ayant de mon côté déjà travaillé aux archives turques, britanniques et françaises. Peu après, j’intégrais l’administration des Archives nationales qui dépendait du Premier Ministère au Palais du Gouvernement à la Kasbah. Dès les Premiers jours, lorsque j’explorais les bureaux de l’administration, je découvris une pièce fermée qui, une fois ouverte, révéla la présence de trois cercueils, l’un au nom du grand réformateur et grand vizir Kheireddine Ettounsi, le deuxième était celui de Mohiédine Klibi et le dernier celui de Mohammad Bach-Hamba. Je fus profondément peiné et je regrettais cette triste situation de nos symboles nationaux alors qu’il était du devoir de l’Etat de leur consacrer un Mausolée national. J’adressais alors une lettre au Premier Ministre, feu Hédi Nouira, l’informant de l’existence des trois cercueils et de l’attention que nous devons leur porter.

Rappelons qu’à cette époque les restes de nombreuses figures nationales maghrébines furent rapatriés du Machreq, parmi les plus importantes celle de l’Emir Abdelkader dont les restes furent transportés de Syrie en Algérie en 1965 et entourés de beaucoup de soins par les responsables algériens. Adoptant ce principe à son tour, Bourguiba chercha à ramener les restes de certaines figures nationales de Turquie, de Damas, de Sicile et d’Algérie ; à cet effet, il chargea son conseiller et Représentant Personnel Taieb Slim, de se rendre à Ankara pour soulever avec les responsables turcs la question du rapatriement des restes de Kheireddine Pacha, faits qui me furent confirmés par l’ambassadeur tunisien en poste à Ankara à l’époque, Monsieur Ahmad ben Arfa. La Turquie accepta le principe. Peu après, Taieb Slim se rendit à Damas en compagnie de Monsieur Abdelkader Klibi, fils de Mohiédine Klibi qui m’assura de la véracité des faits, la Tunisie finit par avoir gain de cause auprès du Gouvernement syrien. Quant au rapatriement des restes de Habib Bougatfa de Sicile, en furent chargés Messieurs Taieb Tekayya, Habib Hajji, Mahjoub ben Ali et Ahmad ben Saber, tous sous les ordres du chef de cette opération Abdelmajid Chaker de qui j’eus confirmation de ces faits au cours d’un entretien téléphonique. D’Algérie, on ramena les restes de Hassan Ennouri. En avril 1968, à l’occasion du trentenaire des martyrs du 9 avril 1938, Bourguiba organisa un cortège auquel se joignirent quatre personnalités officielles turques : le secrétaire d’Etat Serfti Öztürk et les trois généraux Ibrahim Ersan, Salehettin Getiner et Jalal Karkas, ainsi que deux petites-filles de Kheireddine Pacha, Engi et Nimet Kiççi ; la présence de telles personnalités traduit l’état de bonnes relations turco-tunisiennes grâce auxquelles la Turquie consentit à remettre la dépouille de Kheireddine Pacha qui fut un temps grand vizir de l’Empire ottoman ; les pourparlers de Taieb Slim ne sont pas non plus étrangers au succès de cette entreprise et ont dû rassurer la partie turque qui a vu dans l’aménagement d’un Mausolée national une marque digne de ce personnage important autant dans l’histoire ottomane que tunisienne. Du Maroc, une délégation présidée par le responsable Hachmi El-Filali, par Mohammad ben Chakroun du parti Istiklal et par le directeur du journal L’Opinion, Mohammad Barada, assista également au cortège organisé par Bourguiba ; l’Algérie chargea son ambassadeur à Tunis de l’y représenter.

Ce 9 avril 1968, le président Bourguiba fit un discours remarqué dans lequel il prônait le retour en Tunisie des dépouilles de plusieurs figures dirigeantes nationales décédées à l’étranger. La cérémonie terminée, les dépouilles furent déposées dans une pièce des Archives Nationales au Palais du Gouvernement, apparemment dans l’attente d’une décision pour la construction d’un Mausolée national, c’est ainsi que je suis tombé dessus dans cette pièce deux ans et demi, presque trois, après cette cérémonie !

Comme je l’ai déjà précisé, j’adressai une lettre au Premier Ministre l’appelant à prendre une décision à ce sujet, mais sans réponse. J’entretenais à l’époque des relations cordiales avec l’ambassadeur turc à Tunis étant donné que je travaillais sur l’histoire ottomane et plus spécialement l’histoire de la Tunisie ; il me confia au cours d’une conversation qu’il incitait la Tunisie à tenir sa promesse de construire un Mausolée national où serait enterré Kheireddine Pacha, un désengagement qui a dû mettre le Gouvernement tunisien dans l’embarras. Mais au cours de l’année 1972 et en l’absence de tout projet de construction de ce Mausolée, les cercueils ont disparu de la pièce des Archives au Palais du Gouvernement ; à chaque visite de responsables Turcs dans notre pays, on me demandait où se trouvait la dépouille de Kheireddine Pacha, et cette année encore, lors de la visite du Ministère Turc de la Culture peu de temps après l’éclatement de la révolution, et toujours gêné par cette question, je ne savais que répondre. C’est ainsi que quelques jours auparavant, je demandais aux dirigeants politiques de l’époque, notamment à Driss Guiga, Ahmed Mestiri, Mohammad Sayyah, Taher Belkhoja, Ahmed ben Arfa, Abdelmejid Chaker et au Dr. Abdelaziz Daoulatli, ancien directeur de l’Institut National du Patrimoine, s’ils avaient des informations sur le lieu d’inhumation de Kheireddine Pacha, mais tous me répondirent qu’ils l’ignoraient totalement.

Les recherches que j’entrepris auprès d’anciens fonctionnaires du Premier Ministère furent elles aussi infructueuses. Mais, combinant nos efforts avec mon collègue le Dr. Mohamed Dhifallah, on commença à y voir plus clair lorsqu’après avoir pris contact avec Monsieur Abdelkader Klibi, fils de feu Mohiédine Klibi, il me révéla des informations sûres et précises. Ainsi, au cours d’un long entretien téléphonique, il m’apprit que sa famille avait, à l’époque, demandé au Gouvernement tunisien ce qu’il comptait faire de la dépouille de son père. Bourguiba fit alors rouvrir ce dossier à l’administration du Parti et choisit d’enterrer ces personnalités au lieu de leur naissance, le cercueil de Mohiédine fut donc transféré à la Marsa, mais juste après, il décida subitement d’enterrer les trois cercueils dans un espace militaire proche de Borj Ali Rais au Djellaz ; je demandai à Monsieur Abdelkader Klibi de m’y accompagner avec le Dr. Dhifallah pour nous indiquer précisément le lieu de l’enterrement et prendre la photo de la tombe, ce qui fut fait le jeudi 2 août 2012. Nous avons finalement retrouvé la tombe de Kheireddine Pacha recouverte d’une pierre tombale en marbre, à l’instar de la tombe de Mohiédine Klibi ; nous avons aussi découvert trois autres tombes sans épitaphes, appartenant probablement à Habib Thamer et à Bach-Hamba. Quarante-deux ans après, je dois avouer mon immense satisfaction d’avoir finalement pu retrouver la tombe du grand réformateur Kheireddine Ettounsi, et on ne peut faire porter la responsabilité de cette négligence culturelle qu’aux autorités politiques de l’époque et plus précisément à l’ancien ministre de la culture, Monsieur Chadhli Klibi, qui faute de courage civique n’osa pas en parler avec le président Bourguiba et faillit à son devoir de civilisation, laissant à l’abandon des années durant les dépouilles de telles personnalités. Il faut dire que Bourguiba, avec son ego fort et prépondérant, est en grande partie responsable de cette négligence de nos symboles nationaux qui ont non moins souffert que bien d’autres dirigeants nationaux complètement occultés et sans raison apparente par lui ; c’est là un dossier complexe que nous tâcherons de soulever au niveau national.

Au demeurant, nous devons nous demander si la création d’un cimetière national à la mémoire des martyrs de notre peuple, comme je l’avais appelé de mes vœux, ne mérite pas toute notre attention ? Ne devrions-nous pas aujourd’hui penser à préparer une cérémonie d’hommage à nos symboles nationaux ? Enfin, n’est-il pas du devoir de civilisation du Ministère de la culture tunisien d’élaborer avec le concours de la mairie de Tunis ce projet culturel servant notre mémoire nationale ? J’ai voulu par ce message adressé aux responsables et aux institutions de la société civile sensibiliser l’opinion à cet événement à caractère national qu’est la découverte de la tombe de Kheireddine Ettounsi, afin de redonner toute la dimension et le prestige dus à cette personnalité importante dans l’histoire de notre pays autant que dans celle de l’Empire ottoman où il fut un temps Grand Vizir.

Le rôle que joue notre Fondation de recherche depuis plusieurs années pour enrichir et sauvegarder notre mémoire nationale me semble être un devoir de civilisation totalement désintéressé, n’ayant d’ailleurs jamais bénéficié d’une quelconque contribution du Ministère de la culture ou d’un tout autre Ministère à nos projets scientifiques. Tout au moins, serais-je heureux de rendre la place qu’il mérite dans notre mémoire nationale à ce grand réformateur et de consacrer des bourses et une université qui porteraient son nom. Notre appel aura-t-il plus de chance de trouver un écho auprès des responsables politiques, dans l’espoir qu’il ne soit pas négligé comme l’a été la proposition de construire un Musée de la mémoire nationale et de la torture. Que nos responsables prennent acte de ces propositions car elles s’adressent à eux tout particulièrement !

 

Prof. Abdeljelil Temimi

 

http://www.temimi.refer.org/

 

Mis à jour ( Samedi, 15 Décembre 2012 23:46 )  

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